jeudi 30 décembre 2010

Clip n°18: Oh My God de Cocoon

     Je reprends mon sérieux pour terminer cette année 2010 avec le deuxième clip de Cocoon, illustrant leur second album When The Oceans End sorti en octobre dernier. C’est le titre très intimiste et sensible Oh My God, qu’ils ont choisi de mettre en images cette fois-ci.
     Après le titre Comets et son étonnante histoire de baleine géante, qui selon moi n’est pas à la hauteur du titre, voici le hibou et la luciole. Une vidéo beaucoup plus magique, mystérieuse et poétique racontée sous forme de dessin animé ; ne m’en déplaise…
     Imaginez chaque élément et personnage d’un immense tableau, tour à tour éclairé et dont la vie nous est donc ainsi simplement évoquée, pour nous laisser seuls ensuite nous représenter le reste. Laissez vous juste doucement embarquer et aller à la rencontre de nombreux destins...


Cocoon - Oh My God - Clip Officiel

Emma

jeudi 23 décembre 2010

Mines de Menomena (2010)

Voilà un album qui passe régulièrement sur ma platine et qui va profiter de l'accalmie de décembre et de la course aux tops (sans rien de méprisant, j'adore les tops) pour que je vous touche 2-3 mots à son sujet. Menomena, groupe originaire de Portland composé de Danny Seim, Justin Harris et Brent Knopf, fait régulièrement parler de lui ces dernières années. Pour ses propres albums - Mines est le quatrième opus du groupe après le très bon Friend Foe- mais aussi pour ses side-projects que sont Lackethereof et surtout Ramona Falls. Un groupe indie s'étant donc déjà taillé une bien belle réputation dans son milieu mais que j'avoue -regard vers le bas, mains moites et tics de gêne à la Sarko- n'avoir jusqu'alors jamais écouté. Je vais de suite réparer la grandissime faille dans ma culture musicale et que le fan de la première heure, l'admirateur invétéré de Friendly Foe ne perdent pas de vue que je suis tel l'alpiniste qui gravit son premier grand col après des heures d'entraînement en salle. C'est mon premier col donc je risque de me laisser griser par cette montée.

Première remarque qui va de suite souligner mon attachement inconditionnel à cet opus, si je ne gardais que les 5 premiers titres cet album figurerait dans le top 3 de cette année. 1.Queen Black Acid démarre tout en douceur, un rythme sobre et lent entourant la voix du chanteur. Le morceau se construit de manière assez contemplative avant une certaine accélération accentuée par la réverbe. Quelques notes de piano en fond viennent compléter le tableau de ce titre finement ciselé. Comme dirait Gary Oldman, la tempête n'est jamais bien éloignée du calme et le chaos de 2.TAOS vient réveiller les démons d'Eole. De la bonne guitare bien rock, des batteries omniprésentes, un rythme soutenu qui évoque sans l'ombre d'un doute TV on the radio. En deux titres bien sentis Menomena vient de souligner les deux pôles extrêmes qui vont enserrer le petit joyau qu'est cet album. 3.Killemall prolonge le plaisir, avec ses drums et son piano qui font de ce titre un assez bel exemple de pop plutôt baroque que n'aurait pas renié un certain Konstantin Gropper. Et que dire de 4.Dirty Cartoons et 5.Tithe? La voix du chanteur, quand elle descend dans les octaves, m'évoque la voix de Matt Berninger. Le piano, les choeurs, les accélérations successives telles des vagues humaines sont bien sentis et 5.Tithe, avec son introduction tout en clochettes, colle vraiment parfaitement à l'univers de The National, en faisant un des moments forts de l'opus.

Ces 5 titres m'ont désormais donné tout l'oxygène dont j'aurai besoin pendant la montée, le reste de l'album prolonge le plaisir sans atteindre néanmoins les sommets du début. Attention, je ne dis pas que la suite est quelconque mais j'ai beaucoup de mal à effacer les impressions fortes du début en écoutant la deuxième partie. On pourra cependant piocher du côté de la douceur incantatoire de 8.Oh pretty boy you're such a big boy ou savourer le piano de 9.Five Little Rooms qui en fait un des plus beaux titres de l'opus.

Finalement la seule question qui m'anime à la fin de cet album c'est de savoir comment je vais bien pouvoir me procurer les 3 albums précédents, si ça peut vous convaincre définitivement...



Sylphe

mercredi 22 décembre 2010

Clip n°17: I Just Had Sex de The Lonely Island feat Akon

     En cette période de fêtes de fin d'année, de vacances et donc de détente, je vous propose une bonne part de bonne humeur et de rigolade avec ce clip I Just Had Sex. The Lonely Island est une troupe de joyeux lurons comédiens et musiciens connus pour leurs clips parodiques et officiant pour l'émission Saturday Night Live.  
     La chanson, dont le titre est assez explicite, évoque donc tout le plaisir ressenti après l'avoir fait... C'est avec cet éloge de l'après-coït comme postulat de départ, que les artistes nous proposent un clip utilisant bon nombre de clichés des clips commerciaux, chantant à la manière d'un boys band un peu caillera. La subversion est parfaite et la présence d'Akon avec ses interventions à chaque refrain en est une très belle illustration. Bravo pour l'auto-dérision !! D'autres guest feront également leur apparition : deux jolies actrices Blake Lively (actrice de Gossip Girl) et Jessica Alba ainsi que le non moins charmant ex tennissman John MacEnroe. Je vous laisse découvrir le reste et la fin explosivement drôle...
     Du débile tellement amusant qui nous rappelle surtout l'importance de ne jamais se prendre au sérieux !




Emma

lundi 20 décembre 2010

White Magic de CEO (2010)

Que cette fin d'année musicale est poussive, pas grand chose de très affriolant à venir caser entre l'enclume et le marteau ma foi... Fort heureusement, qui dit décembre dit top de fin d'année et retour sur des albums écoutés, savourés et pas forcément chroniqués. En musicophage que je suis, il m'est impossible de ne pas réécouter les albums qui trônent dans les tops des blogs que j'apprécie et je peux vous dire que, depuis la parution du Top des Blogueurs 2010, Gonjasufi passe régulièrement sur ma platine. Pour l'album qui va m'intéresser aujourd'hui, ce n'est pas une question de top car je ne pense pas que White Magic apparaisse dans les remises de trophées de fin d'année, sachant que son exploitation officielle en France est programmée au mois de février. Cependant, je ne parlerai pas du tout ici de totale exclusivité car l'album est sorti depuis début 2010 dans les contrées éloignées.
      En lecteur perspicace que tu es tu en as donc déduit que CEO n'est pas français ou un français aimant peu sa patrie et préférant offrir son album à ses compatriotes plusieurs mois après avoir gâté les oreilles des étrangers. Je ne vais pas te laisser mariner dans ce doute incommensurable plus longtemps, CEO est en réalité Eric Berglund, moitié de The Tough Alliance, originaire du pays du meuble bobo à pas cher (je ne me lasse pas de cette blague assez minable, désolé). La Suède de Fever Ray, I'm from Barcelona, histoire de tout de suite se rattraper et souligner tout mon respect pour les talents musicaux sortis du pays jaune et bleu. White Magic, un opus de 8 titres dépassant péniblement les 28 minutes, est le premier album de CEO.
      Un album qui commence sur les grondements de la terre nordique avec l'introduction de 1. All around. Une Fever Ray au masculin? Non, rapidement les cordes viennent adoucir le climat, les voix en arrière-plan introduisent tout en simplicité la jolie voix de Berglund qui n'est pas sans rappeler l'univers de JJ qu'il signe sur son label Sincerly Yours. Transition abrupte avec 2.Illuminata, titre résolument pop et facile d'accès. Le genre de sucrerie musicale qui comble toute crise d'hypoglycémie sonore. 3.Love and do what you will évoque quelque peu l'univers d'Animal Collective dans une version plus pop et débridée avant le sublime titre éponyme 4.White Magic  tout en en nappes aquatiques et impressions de foutraque électro.
    5.Oh God Oh dear se caractérise par sa simplicité contrairement au titre précédent, ce qui débouche sur un joli titre pop-folk porté par les cordes. Un 6.No Mercy aux couteaux bien affûtés (vous comprendrez facilement cette image à l'écoute du morceau) amène l'addictif titre pop 7.Come with me, au refrain enfantin que vous ne pourrez pas vous empêcher de chantonner. Non non ce petit enfant ne dit pas "Pirate", enfin euh je crois... L'album se clot avec 8. Den Blomsterid Nu Kommer, morceau en suédois qui ressemble à l'enregistrement authentique d'un chant d'école de Sigur Ros. Les cordes laissent l'album se finir sur une belle note de douceur. Quand le son s'arrête, il n'y a plus qu'à observer les dégâts... Une fois de plus, j'ai succombé à un artiste suédois qui m'a offert toute son humble simplicité.

 




Sylphe

dimanche 19 décembre 2010

Meddle (1971) de Pink Floyd


Pink Floyd : on ne présente plus ce groupe dont le seul nom évoque tout aussi bien The Wall que des titres comme Money. La discographie du groupe est si riche qu’il faut (malheureusement) choisir un album.

Ce sera Meddle, sixième album studio du groupe. Enregistré en 1971, Meddle sort le 30 octobre de la même année. Placé entre Atom Heart Mother (1970) et The Dark Side of the Moon (1973), Meddle fait office de charnière : transition entre les premiers opus psychédéliques et les futurs, plutôt marqués rock progressif et symphonique.

L’album a été enregistré en plusieurs sessions, ce qui semble évident à l’écoute des titres successifs, très différents les uns des autres.
Meddle s’ouvre avec One of these days, sorte de longue introduction musclée d’où ressort la basse monstrueuse de Roger Waters. Monstrueuse par son omniprésence, mais aussi parce qu’elle est, grande particularité, la seule basse stéréo au monde. Autre spécificité du morceau : pendant les 40 premières secondes, pas de musique, juste le vent qui souffle. C’est assez couillu en ouverture d’album et mérite d’être signalé. Le réel démarrage ne vient qu’à 3 minutes 38, avec les seules paroles du titre qui lancent la totalité du groupe.
Suivent ensuite A pillow of winds et Fearless, deux ballades bon enfant qui tranchent totalement avec le rock électrique précédemment évoqué. Pas franchement les meilleures compositions du groupe : ni totalement planantes, ni très originales. Tout au plus écoutera-t-on Fearless jusqu’à son terme, pour entendre les supporters du Liverpool FC chanter leur You’ll never walk alone.
Beaucoup plus captivant, le San Tropez qui suit : un titre méconnu très orienté jazz-swing des années 30, avec les petits chorus qui vont bien. Etonnant de la part de Pink Floyd, mais très rafraichissant.
Le mélomane n’est pas au bout de ses surprises, puisque Seamus propose un blues acoustique d’une rare pureté, soutenu par la slide guitar de David Gilmour et le piano de Richard Wright. La place d’honneur ne revient pourtant à aucun des quatre membres du groupe : elle est réservée au chien de Steve Mariott (guitariste de son état, fondateur et leader des groupes The Small Faces et Humble Pie), qui chante. Rencontre improbable mais rencontre gagnante.

Puis arrive, pour les 23 minutes et 28 secondes restantes, Echoes. Justifiant à lui seul l’album, Echoes est une plongée vertigineuse dans ce que Pink Floyd sait faire de mieux : un titre planant à rallonge. Plongée qui débute par un bip de sonar, qui se poursuit avec un thème aérien comme personne n’en écrit plus et une ligne de basse inoubliable.
Au bout de 7 minutes, changement d’ambiance pour un second thème plus rugueux mené en alternance par Gilmour et Wright. Vers la onzième minute, les instruments se taisent et la plongée se poursuit : un univers sonore peuplé de cris d’albatros et autres créatures étranges.
Quatre minutes d’errance et d’inquiétudes plus tard, le sonar nous récupère, pour nous redéposer à la 19e minute au premier thème légèrement remanié, comme si  le voyage ne nous avait pas laissé intact.

Ce qui est le cas : Meddle est une vraie porte ouverte sur l’avenir du groupe. Après le brillant Atom Heart Mother, Pink Floyd fait de Meddle un album matrice qui permettra de servir les quatre albums d’anthologie à venir : Dark Side of The Moon (1973), Wish you were here (1975), Animals (1977) et The Wall (1979).





Raf against the Machine

mercredi 15 décembre 2010

Clip n°16: We Got More d'Eskmo

Le clip de cette semaine m'a permis de faire deux belles découvertes. Eskmo, jeune talent nouvellement signé chez Ninja Tune, à priori très prometteur mais aussi Cyriak, le réalisateur du clip, qui semble lui déjà bien connu pour ses vidéos plutôt loufoques.

Pour le titre We Got More, Cyriak transforme, déforme, retourne, découpe... une ville et ses rues tout en suivant parfaitement le rythme très scandé de la musique. Tous les jeux de miroir, de reflets, de symétrie ou de répétitions d'images nous emportent dans cette ville qui devient progressivement un véritable kaléidoscope. Une coordination musique-son parfaite avec un visuel juste fascinant.

Un vrai plaisir pour nos yeux et nos oreilles !



Emma

lundi 13 décembre 2010

Top des Blogueurs 2010

Le Top Blogueurs 2010 : La sélection des meilleurs albums de l’année

15 en 2008, 37 en 2009, nous sommes cette année 60 blogueurs musiques francophones à vous présenter au travers d'un classement commun les 20 albums qui nous auront collectivement le plus marqué en 2010. En espérant en toute humilité vous permettre de redécouvrir certains disques ou mieux d'en découvrir de nouveaux...

The Radio Dept - Clinging To A SchemeThe Radio Dept - Clinging To A Scheme

Branche Ton Sonotone : Les suédois de The Radio Dept. creusent le sillon d'une pop douce et fantomatique avec un acharnement de surdoués. Leur dernier opus a la couleur d'un coucher de soleil sur un lac scandinave : mélodies diaphanes, tourbillons distordus et rythmiques hypnotiques sont au rendez-vous d'un album qui a un goût d'insaisissable. Un charme nordique, à la fois enjoué et nostalgique, distant et incroyablement émouvant. A lire la critique du Golb et de Branche Ton Sonotone

En écoute sur Spotify

Syd Matters - BrotheroceanSyd Matters - Brotherocean

La musique à Papa : Mon histoire avec Syd Matters ? Cela me rappelle ces filles que l'on rencontre comme ça au hasard d'une soirée et auxquelles on n'attache d'abord pas vraiment d'importance. Pas qu'elles soient moches, loin de là, mais on les trouve un peu ...chiantes, manquant de fantaisie. Et puis, un jour, c'est la révélation. On ne comprend pas vraiment pourquoi : est-ce nous qui avons changé ou est-ce elles ? En tout cas, "Brotherocean" a résonné comme une évidence. Comme s'il n'y avait rien eu avant. Et tant pis, s'il n'y a rien après... "A moment in time ", comme disent les anglais. A lire la critique de Rigolotes chrOniques futiLes et insoLentes et de So Why One More Music Blog

En écoute sur Deezer

Deerhunter - Halcyon DigestDeerhunter - Halcyon Digest

Esprits Critiques : Réussir un mélange est une chose compliquée. Si vous mélangez des couleurs dans un verre, il y a des chances que vous obteniez un cocktail maronnasse peu appétissant. La musique de Deerhunter, ça pourrait être ça. En mêlant de la noirceur, du son brut, du kraut, des mélodies presque pop et un son aquatique, le risque de gloubiboulga est présent. Pourtant, la bande à Bradfortd Cox a (encore) livré une œuvre subtile et unique, et arrive (encore) à polir un genre qu'il faudrait créer pour eux. Ils savent en tout cas faire monter une ambiance en neige, profiter de ce son vaporeux pour que le brouillard précipite en averse et mener vers une fusion encore plus fluide entre l'écriture et le son. A lire les critiques de Tasca Potosina et de Ears Of Panda

En écoute sur Spotify

Pantha du Prince - Black NoisePantha du Prince - Black Noise

Playlist Society : "Black Noise" est un lac perdu dans les montagnes : derrière son romantisme pictural et ses sonorités enivrantes et apaisantes se cachent les traits des tornades à venir et des rayons du soleil qui comme chez Turner caressent les tragédies. Les mélodies électroniques de Hendrik Weber nous guident alors dans la taïga, se dérobent et nous abandonnent face à l'aurore boréale. A lire la critique de Pop Revue Express et le live report de Rigolotes chrOniques futiLes et insoLentes

Joanna Newsom - Have One On MeJoanna Newsom - Have One On Me

Brainfeeders & Mindfuckers : Joanna Newsom ne s'impose jamais nulle part. Elle se fraie un chemin délicatement, avec grâce, avec le temps de son côté. Elle effleure du son de sa harpe, comme une caresse derrière l'oreille, sa voix est devenue satin, mais au fond, rien n'a changé. Elle reste impossible à apprivoiser, toujours insaisissable. Elle s'échappe par tous les détours, dans cette forêt qu'elle dessine en trois disques et quelques chansons. Il suffit donc d'être patient, de la laisser s'approcher peu à peu, puis de se plonger entièrement dans la mystique lumineuse de "Have One On Me". Alors Joanna Newsom devient cette amie imaginaire qui ne peut sortir que d'un rêve. Mais tout est bien réel. A lire les critiques de Playlist Society et de Listen See Feel

Mount Kimbie - Crooks & LoversMount Kimbie - Crooks & Lovers

Chroniques Automatiques : "Crooks & Lovers", trop court, bancal mais pourtant tellement maitrisé, contient des morceaux frisant la perfection, qui dragueront tous les cœurs sensibles. Mélancolie electronica matinée de rythmes 2-step, Mount Kimbie, c'est surtout mini-jupes et
arcs-en-ciel, bitume et claquements de doigts. Bonheur. A lire les articles de Brainfeeders & Mindfuckers et de Musik Please

Cougar - PatriotMGMT - Congratulations

Laisseriez-Vous Votre Fille Coucher avec un Rock-Addict ? : MGMT avait réussi à prouver sa capacité à coller quelques tubes imparables au milieu d'un album fadasse. Le "toujours difficile deuxième album" en est l'antithèse : pas de morceau direct (hormis l'imparable Brian Eno) mais un album fabuleux de complexité, de richesse, une pièce montée de folie(s) et de "plus" qui jamais ne touchent au "trop". Si c'est ça l'avenir du space-rock (ou du prog), on signe des deux mains, et on attend la synthèse en sifflotant "Flash Delirium". A lire les critiques de Des Oreilles dans Babylones et du Golb

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Zola Jesus - StridulumZola Jesus - Stridulum

Unsung : Pour la première fois, Zola Jesus s'est enregistrée en studio, entourée de musiciens professionnels. Cette production soignée met surtout en valeur sa voix profonde, ce timbre légèrement rauque à donner des frissons, renforcé par la réverbération, l'atmosphère angoissante entre rythmiques 80's, piano entêtant, et des textes emprunts de doutes, d'espoirs fragiles, et de complaintes mélancoliques. Cet émouvant "Stridulum" révèle une jeune artiste talentueuse. A lire les articles de Little Reviews et Toujours Un Coup d'Avance !

Gil Scott Heron - I'm New HereGil Scott Heron - I'm New Here

Arbobo : Une histoire d'ange déchu, une histoire vraie. Une histoire de phoenix, de père putatif du rap extrait de tôle par un producteur aux doigts d'or. Il a serré la main du diable, le bougre. Gil Scott-Heron vient peut-être de publier son plus bel album, le plus noir, creusé à mains nues dans le bitume crasseux de New York. Ca saigne, ça saigne mais c'est vivant. C'est palpitant. A lire les critiques de My(Good)Zik et du Choix de Mlle Eddie

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LCD Soundsystem - This is HappeningLCD Soundsystem - This is Happening

I Left Without My Hat : James Murphy a beau s'en amuser et assurer le contraire ("You wanted a hit, but that's not what we do"), ses Lcd Soundsystem, tout en popisant leur propos, n'auront pas franchement changé leur fusil d'épaules avec "This is Happening", troisième et ultime album du groupe. Continuant de rendre hommage à la musique contemporaine par divers emprunts voulus ou fortuits (du Velvet Underground par ci, du Bowie par là), "This is Happening" est un disque aux contours rock, aux beats toujours synthétiques, mais à la vision globale très pop. Surtout, il n'est rien de moins qu'une belle épitaphe pour une des aventures discographiques les plus passionnantes et emballantes de ces dix dernières années, au fronton de laquelle le mot plaisir semble avoir été gravé en lettres d'or. A lire les critiques de Chroniques Automatiques et La Musique à Papa

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Sufjan Stevens - The Age of Adz Sufjan Stevens - The Age of Adz

Ears of Panda : 5 ans après Illinois, Sufjan Stevens nous revient, non sans quelques doutes, avec son projet le plus personnel et sûrement le plus risqué. Retrouvant ses premières amours pour la musique électronique sans abandonner pour autant son goût pour la pop baroque, le compositeur de 35 ans accouche d'un disque pour le moins étonnant. Le génie détruit pour mieux reconstruire et nous offre cet album d'un genre nouveau; à l'ambition démesurée, aux sons hachés, rugueux, épileptiques même, sans perdre jamais de sa superbe. On retrouve alors, dans l'essence même de ce disque, ce doux rêveur toujours en perpétuel mouvement, qui nous avait laissés sans nouvelles depuis bien trop longtemps. A lire les critiques de Esprits Critiques et Brainfeeders & Mindfuckers

Flying Lotus - CosmogrammaFlying Lotus - Cosmogramma

Systool : Inutile de le nier, Converge aura une fois de plus attaqué notre cortex de plein fouet via les constructions complexes et les guitares abrasives de Axe to Fall. Si on peut louer les collaborations de membres éminents de Neurosis, Cave In ou encore Genghis Tron, on sait pertinemment que tout le mérite revient à Jacob Bannon et à ses trois acolytes. Une écoute traumatisante, indispensable pour cette année 2009 résolument folky. (A lire également la chronique de Benjamin F)

En écoute sur Deezer

Caribou - SwimCaribou - Swim

Pomme de Pin : Hypnotique et viscéral, réfléchi et instinctif, cérébral et dansant, sur "Swim", Caribou mêle boucles électroniques et rythmiques tribales et en profite pour réconcilier la tête et les jambes. L'expression Intelligent Dance Music reprend des couleurs et en une tournée tellurique, toutes batteries dehors, Dan Snaith fait mentir tous les clichés sur les mathématiciens. A lire les critiques de Five Minutes et So Why One More Music Blog

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Owen Pallett - HeartlandOwen Pallett - Heartland

C'est entendu : Débarrassé de son pseudo geek à souhait (Final Fantasy), Owen Pallett brandit l'étendard de son patronyme civil comme le symbole d'une ambition enfin assouvie. Auto-proclamé Seigneur Divin du Royaume de "Heartland", il décore cet univers d'arrangements subtilement magnifiques et réalise un chef d'oeuvre pop dont la "lecture" révèle une mise en abyme homo-érotico-créatrice digne de tous nos louanges. A lire les critiques de Feu à Volonté et de Ears Of Panda

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Janelle Monae - The ArchAndroidJanelle Monae - The ArchAndroid

Le Gueusif Online : Une torpille de soul-funk qui n'oublie pas d'être outracière, voire parfois un peu kitsch, mais qui détonne certainement dans le paysage musical monochrome de cette année 2010. Une voix, une présence et un talent à suivre, que ce soit en studio ou en live, où toute la classe de Janelle Monàe resplendit. A lire les critiques de With Music In My Minds et Music Lodge

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The Black Keys - BrothersThe Black Keys - Brothers

Le Choix de Mlle Eddie : Ô Dan Auerbach que ta voix est belle ! "C'est pour mieux te régaler", pourrait-il me répondre. Le duo d'Akron s'autorise tout sur cet album : rock, blues, pop et même soul, avec une production qui n'a jamais été aussi bonne. Un poil trop lisse, diront certains, par rapport à ses prédécesseurs. C'est vrai, mais ce qu'ils perdent en abrasivité ils le gagnent en diversité. Et Auerbach n'a jamais aussi bien chanté. Ce Brothers, c'est la grande classe. A lire les critiques de La Quenelle Culturelle et du Gueusif Online

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Beach House - Teen Dream.Beach House - Teen Dream

Hop : Beach House tutoie enfin les sommets avec ce troisième album. Plus faciles d'accès, plus immédiates que par le passé, les chansons de Beach House brillent ici par l'éclat des mélodies, par la beauté triste et bouleversante des arrangements assez somptueux que l'on trouve tout au long de ces dix hymnes à la mélancolie qui évoquent la froideur d'une piste de danse au petit matin. A lire les critiques de Between The Line Of Age et du Choix de Mlle Eddie

En écoute sur Spotify

Four Tet - There is Love in YouFour Tet - There is Love in You

Good Karma : Obsédant : c'est le moins que l'on puisse dire de ce cinquième album de Kieran Hedben. Très loin de son groupe de post-rock Fridge, l'Anglais a choisi la musique électronique pour s'exprimer en solo. En résulte un disque inspiré par le jazz, la house et l'electronica. Il y livre des compositions aussi bien dansantes qu'introspectives, à l'inspiration et la production impeccables. Lumineux. A lire les critiques de Chroniques Automatiques et de I Left Without My Hat

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Swans - My Father Will Guide Me Up A Rope To The SkySwans - My Father Will Guide Me Up A Rope To The Sky

Where Is My Song : A l'heure des come backs périmés et après 13 ans de silence, les Swans réactivés offrent un album magistral, oppressant, monolithique, volontiers misanthrope, beau comme un mensonge et sale comme la vérité. Une rigoureuse apocalypse. Bande son idéale pour la fin du monde civilisé, que l'on peut désormais attendre avec sérénité. A lire les critiques de Playlist Society et du Golb

En écoute sur Spotify

Gonjasufi - A Sufi and a KillerGonjasufi - A Sufi and a Killer

Des Oreilles Dans Babylone : Sans aucun doute possible l'ovni musical de 2010, Sumach Ecks a surpris tout le monde. Débarqué de nulle part bien qu'actif depuis les années 90, il est sorti de son désert de Mojave parrainé par Warp pour nous livrer un disque intemporel et inclassable. Soul chamanique, hip hop dérangeant, rock bordélique, chaque plage de cet objet unique accouche d'un genre nouveau. Il y a tant d'inventivité et d'imagination dans cet album qu'il est impossible d'en faire le tour en moins de cent écoutes. Passer à côté serait une erreur monumentale. A lire les critiques de Chroniques Electroniques et de Les Insectes sont nos amis

Les participants au Top des Blogueurs 2010 :

Alain de Soul Kitchen,
Anakin de Attica Webzine,
Arbobo de Arbobo,
Benjamin F de Playlist Society et de Ricard SA Live Music,
Benjamin L de Le Transistor,
Benoit de Pop Revue Express et de Hop,
Catnatt de Heaven can wait,
Cedric de So Why One More Music Blog,
Daniel de Listen See Feel,
Dat' de Chroniques Automatiques,
Dr Franknfurter de The Rocky Horror Critic Show,
Dragibus de Les insectes sont nos amis,
Eddie de Le Choix de Mlle Eddie,
Edouard de Ears of Panda,
Ed Loxapaq de Chroniques Electroniques,
Elliott de Weirdbrowser,
Neska de Adiktblog,
Fabien de Kdbuzz,
GT de Music Lodge,
Gui Gui de Les Bons Skeudis et du Mellotron,
Guic'The Old de Laisseriez-Vous Votre Fille Coucher avec un Rock-Addict ?,
Jimmy de Nuage Noir,
Joanny de Discobloguons,
Joe Gonzalez de C'est entendu,
Joris de Tasca Potosina,
JS de Good Karma,
Ju de Des Oreilles Dans Babylone,
Julien LL de Des Chibres et Des Lettres,
Junko de Unsung,
Laure de Not For Tourists,
Laurent de Rocktrotteur,
Leroy Brown de I'll give her mélodies,
Marc de Esprits Critiques,
Martin de Branche Ton Sonotone,
Matador de Between The Lines Of Age,
Michael de Crystal Frontier,
Mmarsup de Little Reviews,
Myriam de Ma mère était hipster,
Nathan de Brainfeeders & Mindfuckers,
Nicolas de Soul Brotha Music,
Olivier de Feu à Volonté,
Olivier R de Where Is My Song,
Paco de De La Lune On Entend Tout,
Paul de Pomme de Pin,
Pauline de E-Pop,
Pierre de Musik Please,
Rod de Le Hiboo,
Romink de My(Good)Zik,
Sabine de With Music In My Mind,
Sfar de Toujours un coup d'avance !,
Ska de 7 and 7 is,
Sunalee de Bruxelles Bangkok Brasilia,
Sylphe de Five-Minutes,
Systool de Le Gueusif Online,
Thibault de La Quenelle Culturelle,
Thomas de Le Golb,
Twist de I Left Without My Hat,
Vincent de La musique à Papa,
Violette de Rigolotes chrOniques futiLes et insoLentes,
Xavier de Blinking Lights

Vous pouvez retrouvez l'intégralité des disques cités dans le classement ici

Chef de projet : Benjamin F / Indentité visuelle et design : Laurent / Communication : Romink, Sylvie et les Waaa / Porte-paroles : Arbobo et JS / Plus de tops : le classement de GT sur Music Lodge

samedi 11 décembre 2010

Il était une fois la route (2006) de Paul Personne


La musique qu’on aime, elle vient de là… Et Paul Personne en est un des maîtres hexagonaux, sinon LE maître.

Direction le blues ce samedi. J’aurais pu choisir n’importe quel album de Paulo, ils sont tous excellents. Il était une fois la route a tout de même un ingrédient en plus : c’est un coffret live rempli à en déborder d’interprétations toutes plus incroyables les unes que les autres.

S’étalant sur un double CD, les 18 morceaux de l’opus donnent à écouter toute la palette de jeu de Paul Personne. La tournée Il était une fois la route fait suite à la parution de Demain il f’ra beau (2003) et Coup d’blues (2003), dyptique acoustique/électrique déjà incontournable.

Et le bonhomme ouvre sa prestation par un contre-pied : Barjoland et Ca va rouler, titres qui servent habituellement de rappels sur les tournées précédentes. Dans des versions acoustiques d’une rare intensité, le Paulo est seul sur scène avec sa gratte. Presque comme s’il jouait dans notre salon, juste pour nous. La classe.
Titre après titres, ses acolytes viennent grossir le son. Sixième piste, Qu’est-ce qui a changé. Réponse : le son. A partir de ce moment, la formation complète est plantée et peut envoyer non pas 5 minutes de bon son, mais bel et bien quasiment deux heures !

Et tout y passe. Le gros son blues-rock, donc, avec Qu’est-ce qui a changé, Aphonie cérébrale, Pas b’soin, Vue hier soir, Le bourdon. Les ballades plus posées, illustrées par T’arrêtes pas d’me manquer ou Renvoie la balle. Du bon vieux rock de chez nous aussi (n’est-ce pas, Marty McFly…) qui dépote : Quelqu’un appelle, Loco loco, Visions, C’est la vie qui m’a fait comme ça.
Du blues aussi, encore et toujours, avec Peepin’ and hidin’ et Big blues. Ce dernier morceau étant un des deux moments dantesque de la prestation : 16 minutes 54 de blues gras, lourd comme le poids du diable et hypnotisant comme un litre de whisky picolé au fond d’un club à trois heures du mat’ (Attention, l’abus d’alcool nuit gravement à la santé…).
L’autre moment d’anthologie se trouve sur le deuxième CD et dure 23 minutes : Zic, une sorte de déclaration d’amour à la déesse musique dans un mix foutraque et terriblement séduisant de rock, blues et rythmiques funk. Peut-être le sommet de cet opus.

Ultime qualité de cet album, il laisse presque aussi KO et abasourdi qu’un vrai live en direct.
Pour avoir assisté à cette tournée (qui plus est dans une petite salle de 300 personnes !), je peux vous dire que c’était une folie intégrale dans le public. J’y ai vu toutes les générations en redemander encore et encore. Le Paulo a assuré, puisque ce soir là il a joué près de 3 heures. Et au bout de ces trois heures, je me souviens d’un gars à mes côtés, la cinquantaine tranquille et look de biker-routard, en train de chialer de bonheur.
Quand cet album est sorti, je me suis jeté dessus, je l’ai englouti. Cette fois, c’est moi qui ai chialé de bonheur à l’écoute d’une captation aussi infernale.

Le blues, musique du diable ? Non, musique. Tout simplement.

En vidéo : extraits du DVD qui accompagnait l’édition limitée, mais qu’on peut encore se procurer séparément… !



Raf against the Machine

mercredi 8 décembre 2010

Clip n°15: Fake it de Denki Groove

Cette vidéo pourtant assez ancienne fait l'actualité sur différents sites de "clips du moment". Et moi-même, c'est celle que je décide de retenir cette semaine (à défaut de mieux, je l'avoue). Réalisée par Hideyuki Tanaka, elle illustre le titre Fake it d'un groupe de techno très connu au Japon : Denki Groove.

L'idée est assez folle : mettre en place un ballet nautique basé sur des sauts et des plongeons en prise de vue directe, sur la durée du titre. Un travail de synchronisation énorme, demandant beaucoup de concentration et de rigueur. Finalement, une idée très "japonaise" quoi ! Le résultat très bien orchestré est assez bluffant et fait sourire parfois. Il n'est pas sans nous évoquer une certaine publicité pour une eau minérale, où là, par contre, les trucages gâchaient un peu l'ensemble...

A votre tour de plonger. Attention it's raining men !!



Emma

mardi 7 décembre 2010

Ring de Glasser (2010)

Glasser c'est Cameron Mesirow originaire de Los Angeles qui vit désormais à New-york , c'est une artiste qui a déjà sorti deux EP qui lui ont permis d'assurer la première partie de Jonsi ou The XX (excusez du peu), c'est un talent à l'état brut qui a su convaincre Van Rivers et The Subliminal Kid(collaborateurs de Fever Ray) de prendre les manettes de  la production pour son premier opus intitulé Ring. Glasser c'est un univers mêlant folklore nordique sombre propre à Fever Ray et Bat for Lashes et pop aérienne à la Beach House. Ring c'est un cocktail d'influences où s'entrelacent pop aérienne, électronica et rythmiques tribales. Ring c'est une pépite hivernale pour faire concis finalement.
     1.Apply, ses percus grandiloquentes et ses synthés anxiogènes enveloppant la voix sortie d'outre-tombe de Cameron, s'apparente à une incantation, digne de Fever Ray, aux démons vénéneux de la musique. Un morceau sublime comme l'écrin prêt à accueillir le diamant brut que sera la suite de l'album. 2. Home suprend sur les premières notes avec ses percus caraibéennes qui donnent de suite une teinte plus légère et plus pop au morceau. Morceau de prime abord simplissime qui gagne en complexité avec les synthés et les violons qui font gagner en majestuosité ce morceau. La douce montée en puissance s'éteint peu à peu, refermant la parenthèse enchantée et évoquant quelque peu Pantha du Prince sur les derniers accords.
     3.Glad est un morceau servant presque de transition avec ses deux minutes portées par ses cuivres et son rythme très lascif. 4.Plane Temp vient lui rappeler que Glasser a du beaucoup écouter Natasha Khan (Bat for Lashes), une rythmique lente appuyée par les choeurs. Un morceau un brin trop répétitif qui est loin me de séduire autant que la petite merveille  5.T. Un climat envoûtant, une voix magnifique, un titre contemplatif à souhait. 6.Tremel réveille de nouveau le souvenir de Natasha Khan avec ses sonorités tropicales avant que 7.Mirrorage ne s'impose comme le dernier très grand moment de l'opus. Une rythmique plus électro, un jeu sur les sonorités qui évoquent le meilleur de Fever Ray. 8.Treasury of me et 9.Clamour ne dénaturent pas l'ensemble et referment tout en douceur ce bien bel opus. Un album à savourer au coin de sa cheminée en regardant cette triste pluie anéantir les derniers souvenirs de la neige.
 





Sylphe

dimanche 5 décembre 2010

InFamous (2009) d’Amon Tobin, James Dooley, Mel Wesson et Jonathan Mayer


Remis de nos émotions bazbaziennes de la semaine passée, jetons une oreille sur une nouvelle bande originale, et pas n’importe laquelle : la soundtrack (comme on dit) de InFamous, jeu vidéo de Sucker Punch sorti en 2009.

Rassurez-vous, votre navigation internet n’a pas de ratés. Vous êtes toujours bien sur Five Minutes, blog musical. Loin de moi donc l’idée de vous parler en détail de ce jeu ou de vous en proposer un test. D’autres le font bien mieux ailleurs.

Attachons nous à la bande son qui accompagne les aventures de Cole MacGrath. Pour vous planter rapidement le décor, après une explosion dantesque, Empire City subit le chaos et se retrouve en quarantaine. Cole MacGrath (donc l’avatar du joueur), coursier de son état, se découvre des super-pouvoirs à la suite de cette explosion. Il va les utiliser pour chercher la vérité.

L’univers du jeu est donc plutôt sombre, inquiétant et tendu. Il fait aussi la part belle aux scènes d’action assez jouissives.

C’est précisément le chemin que suit la bande son, pilotée en grande partie par Amon Tobin. Musicien et DJ brésilien, il s’est construit une solide réputation avec d’excellent albums tels que Bricolage, Supermodified ou encore Foley Room. Néanmoins, les gamers le connaissent aussi (enfin certains) pour avoir œuvré à la bande son de Splinter Cell – Chaos Theory.

Qu’il bosse sur ses albums studio ou sur des bandes son, Amon Tobin a une touche, une patte bien à lui. Il suffit pour ça d’écouter le deuxième morceau, Stampton Bridge (en écoute vidéo ci-dessous) : minimaliste à souhait, avec cette petite corde entêtante du début, le père Tobin distille un climat inquiétant, pesant mais magnétique. Impossible de couper le titre.
Autre titre, Rabble Rouser (en écoute aussi) : beaucoup plus rapide, plus marqué, il accompagne, on s’en serait douté, une des nombreuses phases d’action du jeu.
Tout le CD est du même tonneau. Les compères d’Amon Tobin contribuent largement à cet ensemble. On se tournera alors vers The first sons (de Jim Dooley) ou Mysterious signals de Jonathan Mayer : l’impression d’un ensemble cohérent et sans faille est bien installée.

A l’arrivée, InFamous est une bande son assez incontournable. Je ne peux que vous inciter à l’écouter comme un album indépendant, en oubliant qu’elle accompagne un jeu vidéo (lui aussi bien efficace d’ailleurs). Maintenant, si vous voulez écouter du bon son Et jouer au jeu, ce n’est pas moi qui vous retiendrai, loin de là.





Raf against the Machine

mercredi 1 décembre 2010

Clip n°14: Dragon Chasers de Wax Tailor

Après le très bon clip de I Own You sorti en avril dernier, c'est à nouveau avec beaucoup de plaisir que je découvre le nouveau clip de Wax Tailor. Pour son titre Dragon Chasers, il confie la réalisation à David Périssère, qui nous propose un réel court métrage s'avérant très réussi.

Mêlant habilement la bande dessinée et le film noir, on y suit les aventures d'un homme à la recherche d'une femme ayant un tatouage de dragon sur l'épaule... Le décor choisi, le rythme donné, les regards de chaque protagoniste nous plongent dans une ambiance très mystérieuse. Puis l'élégance, la sensualité et l'esthétisme finissent par dominer l'ensemble. Une très BELLE mise en valeur du titre !

Je vous laisse maintenant découvrir comment le livre se referme.



Emma

lundi 29 novembre 2010

The Orchard de Ra Ra Riot (2010)

En cette période de grand froid qui glace mes doigts et ralentit considérablement mon rythme d'écriture -la météo a bon dos en terme d'excuses-, je vais vous parler d'un album sorti fin août que j'ai appris progressivement à savourer. Ra Ra Riot est un groupe américain originaire de Syracuse qui s'appuie sur le chant de Wes Miles (qui officie aussi dans le groupe Discovery avec le claviériste de Vampire Weekend Rostam Batmanglij) et les violons de Rebecca Zeller entre autres. The Orchard est leur deuxième opus après The Rhumb Line sorti en 2008, album que je n'ai pas écouté à sa sortie.
     Me voilà donc tel une page blanche face à Ra Ra Riot, page ne demandant qu'à être recouverte d'écritures musicales en tout genre. 1.The Orchard, le titre éponyme de l'album, me séduit d'emblée. La douceur de la voix et les violons intimistes réchauffent l'atmosphère et ne sont pas sans me rappeler Owen Pallett. 2. Boy, un autre des meilleurs de titres, s'appuie sur une rythmique très rapide imposée par la batterie que les violons viendront appuyer. On retrouve toute l'énergie d'un Arcade Fire pour un titre résolument pop. La même dynamique est préservée par 3.Too dramatic avec la course effrénée de ses violons qui met encore plus en valeur la puissance mélodique du titre.
    Après un 4.Foolish tout en douceur et retenue, 5.Massachussets s'impose comme un des titres-phare de l'opus. Les choeurs viennent prendre le pouvoir, toujours chaudement entourés des violons, et nous plongent dans l'univers de leurs comparses de Vampire Weekend. Un titre très riche à savourer sans modération. 6.You and I know est, quant à lui, un des derniers grands morceaux de l'album, porté par une sublime voix féminine et une montée finale autant inattendue que savoureuse. La fin de The Orchard perd légèrement en intensité malgré les rythmes intéressants de 7.Shadowcasting et 8. Do you remember. En bref, un bel album qui souligne toute la noblesse du violon au service de la pop.

 





Sylphe

samedi 27 novembre 2010

Le bonheur fantôme (2007) de Bazbaz


Je ne sais pas pour vous, mais ici il neige. Donc il fait froid. Donc c’est la bonne occasion pour se réchauffer.

Cette semaine, direction Bazbaz. Camille Bazbaz, ancien clavier de feu Le cri de la mouche. Ce groupe a officié entre 1987 et 1992 avec quatre galettes et un bon hard rock inspiré des années 70. On se souviendra entre autres de J’aime les escalators et Les seins de ma femme. Du rêve en barres.

Changement de direction totale pour Bazbaz après la dissolution de la formation. Il se lance dans un mélange de dub, reggae et rock des années 60. Passage chez Les Satellites, puis le projet Bazbaz Orchestra qui enfantera d’ailleurs d’un album avec Winston McAnuff. Et Bazbaz entame une carrière solo.

Le bonheur fantôme est son 4e opus solo, sans aucun doute le meilleur. Mettez le CD dans la platine et appréciez. L’album balance entre des comptines construites sur la répétition (comme Excès d’abus, Sans toi, Dis-le, Ritournelle) et des déclarations d’amour sensuelles et magnétiques : Mon allumette, Tout c’que tu veux, L’égérie, Ma belle évanouie par exemple.

L’ensemble est soutenu par l’incontournable piano Fender Rhodes du monsieur,  piano tout droit sorti des années 60. Un bon gros son chaud et rond, une belle ligne de basse et régulièrement des rythmiques reggae, voilà une recette qui fait du bien. Ajoutons à cela le talent d’écriture de Bazbaz : « Je ne suis qu’un con d’homme/Dans un con de femme », « Je voudrais que tu sois légère, légère/L’égérie de mes nuits » et des dizaines d’autres trouvailles textuelles  du même genre qui placent Le bonheur fantôme au quasi-niveau d’un Gainsbourg au meilleur de sa forme.

Pour couronner le tout, une partie des morceaux a été enregistrée en Jamaïque, sous la houlette de… Winston McAnuff, celui-là même qui avait déjà bossé avec Bazbaz et qui est surtout une grosse référence reggae.

Ces différents ingrédients font du Bonheur fantôme un disque enivrant, sexuel et jouissif qu’il est bon de se passer en boucle. Chaque morceau formant d’ailleurs une sorte de boucle en lui-même, le CD écouté en boucle donne cette sensation vertigineuse que le meilleur est passé ou reste à venir, alors qu’il est aussi là, à la seconde actuelle. Comme une impression de faire l’amour pendant 57 minutes, ou bien plus si on active le repeat…

Le bonheur fantôme s’écoute donc avec son amoureuse/son amoureux, ou tout du moins en pensant à elle/lui. Il n’est pas interdit de l’écouter nus.




Petit bonus live...



Raf against the Machine

mercredi 24 novembre 2010

Clip n°13: The Suburbs d'Arcade Fire

     Jeudi dernier, Arcarde Fire a présenté sur son site son nouveau clip The Suburbs, extrait de son dernier album éponyme.  Cette vidéo a été réalisée par Spike Jonze, réalisateur entre autres de Dans la peau de John Malkovich, de Max et les Maximonstres  mais aussi des clips Drunk Girls de LCD Soudsystem ou encore Weapon of Choice de Fatboy Slim ; rien que ça !! Déjà au printemps dernier, le réalisateur annonçait travailler avec le groupe canadien sur un projet de court métrage ayant pour thème un groupe d'amis qui se sépare arrivé à l'âge adulte.
     Ce clip en est peut-être un avant-goût. Spike Jonze y montre les aventures d'une bande de teenagers dans une banlieue américaine. Heureux et souriants au départ sur leurs vélos, ils s'amusent comme ils le peuvent, de manière plus ou moins raisonnable. Mais, au fur et à mesure, leurs visages et l'ambiance générale du clip s'assombrissent car la réalité et sa violence reprennent le dessus. C'est l'angoisse, la peur, la trahison, la perte de confiance et pour finir l'impuissance qui l'emportent sur le bonheur et l'innocence. Le groupe se déchire.
     L'image de fin, nous laissant réfléchir sur un beau ciel bleu qui malheureusement voit trop souvent des nuages gris pour l'obscurcir...




Emma

dimanche 21 novembre 2010

The Hundred in the Hands de The Hundred in the Hands (2010)

Le dernier gros coup de coeur live s'appelle The Hundred in the Hands, nom d'une bataille du chef indien Crazy Horse connue aussi sous le nom de Fetterman Massacre, qui a illuminé la première partie des célébres !!!. Une soirée 100% Warp car il est désormais notoire que le label électro élitiste s'ouvre aux autres genres. J'avais déjà entraperçu le duo de Brooklyn composé de la gracieuse Eleanor Everdell (déjà entendue sur le Dear Science de TV on the radio) et du roi des machines Jason Friedman à la Route du Rock cet été mais les conditions météorologiques un poil déplorables ne m'avaient permis  d'entendre que 2-3 titres à travers les parois de mon way-k comme dirait l'autre. Heureusement ma relation avec The Hundred in the Hands ne se déclinera pas éternellement sur le mode des rendez-vous manqués et j'ai bien pu savourer leur performance live. Depuis ce temps, leur album éponyme tourne régulièrement sur ma platine et je me décide à vous toucher quelques mots de ce petit plaisir égoiste en voyant que de toute façon la blogosphère musicale a fini elle aussi par approcher notre duo américain.
      Pour définir leur son et gentiment se moquer des journalistes qui aiment tout catégoriser, ils aiment affirmer qu'ils jouent du "summertime gothic", expression où il faut juste garder la notion de contraste. Summertime pour une électro-pop sucrée qui aime flirter avec les pantalons à pattes d'éléphants de la disco, gothic pour cette volonté de créer une musique sensuelle qui aime se baigner dans des atmosphères volontiers sombres.  De cette foule d'influences naît un superbe album capable de tenir la distance sur ses 11 titres. 1.Young aren't young offre d'emblée une électro-pop sucrée qui s'appuie sur les synthés et la voix tout en douceur d'Eleanor, à laquelle viendront se greffer de beaux choeurs sur la fin du morceau. Un des intérêts de l'album c'est la capacité d'Eleanor à moduler sa voix et à jouer sur divers registres avec tout autant de succès, comme le prouve le très bon 2.Lovesick (once again) d'inspiration plus rock où Eleanor se fait plus sombre. Un morceau tout en tension et sensualité qui n'est pas sans rappeler l'univers de Yeah Yeah Yeahs. Après un 3.Killing it tout en simplicité et douceur, 4.Pigeons s'impose majestueusement comme un des titres-phare de cette année, de l'électro-pop ingénieuse particulièrement entraînante avec sa batterie incisive. Un titre addictif à haut pouvoir mélodique.
       5.Commotion séduit par son accélération pop-rock assez inattendue qui sonne Bloc Party au bout d'une minute  , 8.Gold Blood se veut plus punk avant que 9.Dressed in Dresden ne nous fasse définitivement baisser la garde. Des accords de guitare incisifs, une basse chaude et la sensualité d'Eleanor qui transpire par tous les pores du morceau. Imparable tout comme l'excellent 10.Last City très entraînant ou l'intimiste 11.The Beach qui clot l'album.
     Une bien belle découverte à vite aller voir en live si vous le pouvez car leur performance scénique donne encore plus de tension à l'album studio.

 



Sylphe

samedi 20 novembre 2010

The Dark Knight (2008) de Hans Zimmer et James Newton Howard



Une fois n’est pas coutume, nous allons parler cinéma aujourd’hui. Plus exactement musique et cinéma, en allant (re)découvrir une pépite parmi les pépites.
Début 2008, il se confirme que Christopher Nolan est à la tête d’un nouveau Batman. Après avoir rebooté la série avec l’excellent Batman Begins, Nolan remet le couvert : The Dark Knight est sur les rails. Le 13 août 2008 débarque sur les écrans français ce film incroyable, réunissant Nolan à la réalisation, Bale en Batman et Heath Ledger en Joker psychopathe.
Le long-métrage aura le succès qu’on lui connaît, succès dû en bonne partie à l’alchimie entre le talent de Christopher Nolan et une bande son extrêmement aboutie.

Les 14 morceaux qui constituent la galette nous baladent allègrement entre trois ambiances : des moments de grande tension (le Joker), d’autres assez épiques et lyriques (Batman) et enfin des climats plus doux (Harvey Dent, avant qu’il ne devienne Double Face). Cette alternance est possible grâce à la composition en duo de Zimmer et Howard : le premier s’est plutôt chargé des musiques accompagnant Joker, Howard a géré le reste. Le binôme avait d’ailleurs déjà officié sur Batman Begins.
Les deux compositeurs n’en sont pas à leur coup d’essai. Zimmer a déjà signé un nombre impressionnant de BO, parmi lesquelles Pirates des Caraïbes, La ligne rouge, Mission Impossible 2, Sherlock Holmes ou Inception. De son côté, Howard a travaillé sur King Kong, Sixième sens, Collateral ou Je suis une légende.

La BO du Dark Knight a ceci d’intelligent : elle vient systématiquement soutenir l’image, et réciproquement. Exemple avec l’ouverture du film : les cadrages de Nolan sont inquiétants, silencieux, jusqu’à ce qu’on remarque au fond de nos tympans une ligne sonore stridente et angoissante qui s’insinue petit à petit. Alors que, petit à petit également, nous découvrons à l’écran le premier méfait du Joker.
Autre exemple avec la clôture du film : sans dévoiler la fin, on peut dire que le plan final montre Batman s’éloignant sur sa moto, dans une fuite inévitable. Pour qui a vu le film, les dernières images sont saisissantes d’émotion et d’appel d’air, appel d’air qui nous est apporté par le souffle épique du thème surpuissant qui débarque dans nos oreilles.
Entre le premier et le dernier plan, 2h40 d’images époustouflantes et de sons dévastateurs. On ne ressort pas intact d’une projection du Dark Knight. Parce que le film est atrocement sombre et désespéré et que les thèmes liés au Joker l’y aident. Aussi parce que la bande originale réserve de beaux moments remplis d’émotion et d’air frais bienvenu. En cela, elle aide aussi à encaisser un film coup de poing.

En un mot comme en cent : ruez-vous sur cette excellente bande originale et profitez-en pour (re)voir The Dark Knight. « Avez-vous déjà dansé avec le Diable au clair de lune ? » : oui, au son de ce magnifique album.


Raf against the Machine

mercredi 17 novembre 2010

Clip n°12: Last Leaf de Ok Go

     Et oui, les revoilà ! Encore eux ! Je vous rassure, je n'ai aucun contrat particulier avec ce groupe, mais force est de constater que ces musiciens sont vraiment créatifs et sont passés maîtres en l'art de concevoir des clips. Encore une idée originale, étonnante et plutôt amusante pour Last Leaf, cinquième single extrait de leur troisième album. Une réalisation de Geoff Mcfetridge, utilisant la technique d'images par images avec pour seuls sujets des toasts. En effet, seuls "quelques" tranches de pain grillé, différents dessins gravés dessus et surtout beaucoup de patience ont suffit pour cette nouvelle vidéo. Une animation belle et savoureuse se déroule ainsi sous nos yeux, illustrant élégamment un morceau agréable.
Bonne dégustation !




Emma

dimanche 14 novembre 2010

Lone Ranger d' Abberline (2010)

En ce dimanche bien maussade, rien de mieux que de déroger aux habitudes de ce blog qui ne présente jamais d'EP. Allez savoir pourquoi, il faut croire que les LP vampirisent tout et attirent notre totale attention. Rectifions donc le tir aujourd'hui avec Lone Ranger, premier EP d'Abberline, un groupe toulousain qui aura au moins le mérite grâce à l'idée faite de la Ville Rose de nous mettre un peu de soleil en tête. Cependant je stoppe rapidement vos envies de soleil car Abberline - de Frederick Abberline, inspecteur de police de Londres qui a pisté un certain Jack l'éventreur- baigne plutôt dans un univers glacial et particulièrement anxiogène. Abberline c'est avant tout de la new-wave et du glam-rock qui réveille les spectres de Bowie voire Queen, une BO de film d'horreur que John Carpenter n'aurait très certainement pas reniée. Il serait cependant schématique d'en rester là tant on sent poindre le second degré dans ces cinq titres, Abberline est avant tout un groupe qui aime jouer la comédie et nous le fait sentir, ce qui empêche toute emphase dramatique et nous plonge au sein d'une doucerette Halloween. Finalement dans la démarche Abberline me fait singulièrement penser à Dead Man's Bones sans les choeurs enfantins omniprésents.
      Le résultat de ces cinq titres est avant tout marqué par le sceau de la diversité, tant les morceaux explorent des pistes variées. 1.Gravity commence sur quelques notes graves qui me rappellent les premières secondes de Deeper Underground de Jamiroquai puis l'orgue vient  nous éclabousser de son aspect imposant. La voix sortie d'outre-tombe commence déjà à nous faire frissonner quand le piano associé aux synthés vient donner une tournure différente au morceau. Les boucles répétitives apparentent davantage le morceau à une danse macabre totalement désarticulée. Un superbe morceau d'entrée qui n'est pas loin de se placer comme mon morceau préféré de l'opus. 2.Lone Ranger, le titre éponyme, évoque dès les premières notes l'atmosphère étouffante d'Archive à laquelle vient se greffer la voix sublimement grave du chanteur, une voix qui évoque par certaines nuances Bowie. Certes les choeurs tentent d'éclairer quelque peu le titre mais l'ensemble reste sombre. Un beau morceau plus électro qui me fait penser à Ez3kiel.
  3.The man who feels nothing, qui s'appuie sur le beat du générique d'Amicalement Vôtre, s'impose quant à lui comme un morceau volontairement plus pop, ce grâce à une voix féminine et surtout à la voix du chanteur qui monte superbement dans les aigus.  4.We rule the night suit la même direction en mêlant glam-rock et pop 80's, les synthés se faisant cependant un peu trop présents. 5.Without a face clot superbement l'EP avec ses riffs de guitare acérés qui insufflent un souffle rock bienvenu et confirment définitivement que Abberline possède une belle palette à son actif. Cet EP laisse entrapercevoir de bien belles choses et on surveillera avec attention la suite des aventures de ces toulousains pleins d'espoir.


Sylphe