samedi 22 octobre 2011

Fin de la page blogger

Hello!

Finie l'histoire des 2 salles, 2 ambiances: si vous êtes intéressés par ce blog on vous attend sur overblog où les aventures continuent!

L'équipe de Five-Minutes.

samedi 15 octobre 2011

Assassin’s Creed Sountracks de Jesper Kyd


Dans un mois exactement, le nouveau Assassin’s Creed sera révélé. Quel jeu de mot subtil, pour un opus qui sera justement sous titré Revelations. Les gamers trépignent d’impatience et, avouons-le, moi avec. Je trépigne doublement : j’attends à la fois de découvrir le jeu, mais aussi de voir si la bande-son de Revelations vaudra celle des épisodes précédents.
Tout commence en 2007 lorsque débarque sur nos consoles Assassin’s Creed premier du nom, avec pour héros le charismatique Altaïr. Je n’en dirai pas beaucoup plus sur le contenu du jeu au risque de spoiler, si ce n’est que l’affaire prend place entre Jérusalem, Damas ou encore Masyar, donc en plein milieu de ce que nous appelons aujourd’hui le Moyen-Orient au cours de la troisième croisade. Visuellement, rien à dire, on y est. Nos oreilles aussi. Flûtes et oud réveillent les ambiances orientales, soutenus par des choeurs mystiques. Normal : l’univers du jeu met aux prises Templiers et Assassins, en Terre Sainte. Là où les croisades ont fait se rencontrer les religions et les cultures. J’aime d’ailleurs beaucoup les thèmes où se croisent voix européennes et oud oriental. Aussi parce que j’aime beaucoup le oud. Pourquoi parler autant de cet instrument ? Par plaisir, aussi pour un test : on a remarqué que le blog est beaucoup plus lu lorsqu’on publie un article où apparaît le mot oud. Dont test.
Revenons à nos assassins, pour faire un saut de quelques siècles en avant : direction l’Italie de la Renaissance avec Assassin’s Creed II, sorti en 2009. Ambiance évidemment différente, mais bande-son tout aussi réussie, meilleure serais-je même tenté d’écrire. Alors que le jeu devient plus riche dans le scénario, les possibilités et les actions (le gameplay comme on dit), la musique qui l’accompagne aussi. Altaïr a fait place à un de ses descendants, Ezio. Ce dernier, en plus de mener ses missions d’assassin, peut gérer sa villa ou remplir des missions annexes. Les sons concoctés par Jesper Kyd suivent cette même voie. Ils se partagent entre thèmes paisibles ou plus soutenus, à grands renforts de guitare classique ou électrique, de percussions savamment utilisées. Tantôt aérienne (tel Ezio bondissant de toit en toit), tantôt plus lourde et pesante (tel Ezio frappant sa victime), la musique de Kyd accompagne toujours avec pertinence la classe du futur maître assassin.
2010 voit arriver un second volet des aventures d’Ezio. Assassin’s Creed : Brotherhood démultiplie les possibilités du joueur et propulse le héros dans la Rome dirigée par les Borgia. La série gagne encore en profondeur de jeu et les différents protagonistes en épaisseur. Ezio a pris quelques années et gagné en expérience, tout comme Jesper Kyd, qui nous livre là un soutien sonore de premier ordre. Bien sûr, l’ambiance de Brotherhood tranche moins avec le précédent, puisqu’on reste dans le même univers géographique. Pourtant, là où on pouvait craindre des thèmes redondants, Kyd innove encore et toujours. On ne sait d’ailleurs trop comment, puisque le matériau instruments/voix reste le même. Le résultat est pourtant là : un jeu absolument captivant et une bande-son envoûtante.
Et dans un mois pile, Revelations arrive, sa bande-son avec. Je mise gros dessus : en trois épisodes, la saga vidéoludique et musicale a pris une ampleur et une épaisseur incroyable. A l’instar d’une soundtrack de cinéma, la bande-son des Assassins donne un méchant relief à un jeu déjà haut en couleurs. C’est bien simple : essayez de jouer avec le son, puis en le coupant. Alors ?
Je ne souhaite qu’une chose : que ce quatrième volet suive la piste ascendante empruntée par ses petits frères. On devrait alors passer un sacré bon moment.
PS : ne cherchez pas les CD, ils ne sont malheureusement dispos que dans les versions collectors des jeux. En revanche, tout est dispo en téléchargement légal !






Raf Against The Machine

samedi 8 octobre 2011

Dexter (2007) de Daniel Licht & Others


Retour cette semaine sur du son qui hante nos oreilles depuis maintenant 5 ans. Je me rappelle de ce jour où j’ai découvert les premières images de Dexter, accompagnées de sa bande-son : une sorte de choc visuel et sonore.
Sous le soleil de Miami ou dans sa nuit moite et inquiétante, il y a toujours une mélodie appropriée pour accompagner le plus attachant des serial-killers.
Tout comme l’existence de Dexter Morgan, la bande-son de la série se partage en deux domaines.
Lorsque Dexter Morgan est un brillant expert de la police scientifique, frère attaché à sa frangine, en recherche d’une hypothétique petite amie, Miami se pare de ses sonorités cubaines : Conoci la paz, Flores para ti ou Con mi guaganco. Ambiance bossa, son, salsa. Le soleil brille sur les taches de sang que Dexter analyse, Vince Masuka (son collègue) sort des blagues de cul, les burritos sont servis accompagnés d’un mojito. Les corps sont esthétiques et sensuels, drapés dans la douceur des guitares et des cuivres. Tous ces morceaux sont l’oeuvre des Others compositeurs.
Mais Dexter est aussi Dexter, serial-killer inquiétant et implacable, qui a toutefois le bon goût de ne s’attaquer qu’à des victimes elle-mêmes coupables. Une sorte d’Inspecteur Harry poussé à l’extrême et qui, disons le, fout quand même bien les pétoches. Entre alors en scène Daniel Licht. Compositeur assez méconnu du grand public, il a essentiellement oeuvré pour des soundtracks de films passés un peu inaperçus. Jusqu’à ce qu’il se lance dans l’aventure Dexter.
Ce garçon a réussi une prouesse : retranscrire en sons le côté flippant de Dexter, mais aussi ses doutes, son désespoir, ses peurs. A l’arrière des mélodies traînent de multiples bruitages de cymbales, crécelles, cordes frottées. Et des bruits de lames. Ces même lames que Dexter plante dans ses victimes, celles avec lesquelles il tranche les chairs. Touts les morceaux de Licht sont brillants, sans exception : Shipyard, Voodoo jailtime ou Blood Theme sont trois petites merveilles. Les autres titres ne sont pas en reste : lorsque Dexter ne tue pas, il s’interroge, se cherche, dans une sorte d’apesanteur. Une réflexion aérienne presque hors du temps qui transpire dans I can’t kill, New legs, Photo albums ou Courting the night. J’arrête là. Je pourrais recopier toute la tracklist.
Tout est dit. Il n’y a plus qu’à (re)visionner les différentes saisons de Dexter en ouvrant grand ses oreilles, ou encore à se procurer les 4 CD. Je ne vous ai parlé ici que du premier, les 3 suivants sont au moins aussi parfaits. Des soundtracks qui ne sont rien d’autre que la déclinaison sonore d’une des meilleures séries de l’histoire de la TV.




Raf Against The Machine

mercredi 28 septembre 2011

Le son du jour

Parce que les R.E.M. se séparent après 30 ans de bonne zik, et aussi parce qu'on a envie de revoir Berlin.



Raf Against The Machine

dimanche 25 septembre 2011

Le son du jour

Parce qu’on a perdu (pas lamentablement, on a juste perdu, et c’est déjà suffisant), et qu’en face les All Blacks ont décidément le sens du rythme...
Ok, c’est pas tout à fait 5 minutes de bon son, mais ça fait son effet quand même





Raf Against The Machine

samedi 17 septembre 2011

11:11 (2009) de Rodrigo y Gabriela



Petit retour en arrière de deux années pour combler nos oreilles. Alors que Rodrigo y Gabriela publient un Live in France étonnant et détonnant, l’envie m’a prise de plonger dans les galettes précédentes et de découvrir le duo. En commençant par le dernier CD studio en date, 11:11.

Un mot tout d’abord sur ce titre intriguant. Faut-il y voir une indication d’heure d’écoute ? Certainement pas. Rodrigo y Gabriela, c’est comme le Bâton de Berger, il n’y a pas d’heure pour... Enfin bref. Peut-être alors un clin d’oeil aux 11 titres du CD, écoutés dans une sorte de miroir qui serait une métaphore du duo ? Ou encore une référence à Desproges qui confessait que 11:11 était son heure préférée tant elle respire l’ordre et la perfection ?

Tout ceci n’est en fait que pure spéculation et simple délire, l’essentiel est bien ailleurs. Rodrigo y Gabriela condensent dans 11:11 tout ce qui fait leur musique. Initialement issus de la scène heavy metal mexicaine (oui oui, un petit effort d’imagination), ces deux là ont changé de secteur en 2001. Armés chacun d’une guitare acoustique, ils mettent au point une musique latino et flamenco dans laquelle ils injectent leurs influences rock, folk, jazz et métal.

Présenté comme ça, ça vous inquiète ? Entamons l’écoute. Oui, je suis d’accord, ça calme tout de suite. Dès Hanuman, toutes les influences affichées sont présentes. De prime écoute très flamenco, la musique de Rodrigo y Gabriela révèle ensuite ses subtilités : jazz dans la construction thème/chorus, folk dans les sonorités. Un deuxième titre, Buster Voodoo, et l’on est déjà achevé : entre rythmiques rock (dont un petit emprunt/hommage au Voodoo Chile d’Hendrix), mélodies flamenco et percussions folk, le duo fait le grand écart façon pieuvre. En synthétisant avec intelligence de multiples sources, les deux gratteux évitent un écartèlement XXL qui serait ridicule.

Oui, il n’y a bien que deux musiciens. Oui, il n’y a bien que deux guitares. Rodrigo se charge essentiellement de la ligne mélodique avec une fluidité de jeu impossible. Un toucher et une musicalité réservés aux plus grands. Quant à Gabriela, c’est peut-être elle qui m’impressionne encore plus : chargée de la partie rythmique, la dame déploie un jeu incroyable, qui ne s’arrête que pour laisser place à Gabriela percussionniste. Percussionniste, une façon de parler puisqu’elle joue tout sur sa guitare : caisse, cordes, manche, tout est bon pour faire de la musique. Les intros de Master Maqui ou Hora Zero sont des modèles du genre.
Les deux s’imbriquent, se complètent, se soutiennent, se répondent, fusionnent. L’un est le double de l’autre, et réciproquement. Une musique en miroir (tiens, tiens...) où chacun a sa place mais où aucun des deux ne pourrait exister seul.

C’est bien simple, je ne suis toujours pas remis du choc, je ne sais pas si je m’en remettrai un jour. Tout amateur de bonne musique me comprendra. Tout guitariste, quelque soit son niveau, mesurera les années de travail nécessaires pour atteindre un tel niveau. Rodrigo y Gabriela lient tout à la fois technique, musicalité et émotions en tout genre pour nous mettre à genoux. C’est de la musique. Tout simplement, de la musique dans sa plus belle expression.

Message perso : Ben Harper, si tu as un moment, écoute Rodrigo y Gabriela.

Raf Against The Machine

Et puisque c’est si bon, deux vidéos : vamos, et maintenant, pleurez avec moi ;-)



dimanche 11 septembre 2011

Like Horses Do de Like Horses Do (2011)

    Après un bon bol d'air de vacances bien prolongé, l'heure est aux cartables de rentrée et qui dit rentrée dit partage de sons de qualité. Du coup, pour ce mois de septembre, je vais vous parler de tous les disques qui m'ont accompagné cet été et qui m'ont mis le soleil en tête car dans le ciel on avait beau chercher il se la jouait plutôt en mode furtif le saligaud... Bref je vais éviter la rubrique "Vie privée, vie publique" ici et revenir à l'essentiel avec le premier album de septembre, à savoir le premier EP d'un trio parisien Like Horses Do, sorti au mois de juin et qui depuis passe régulièrement sur ma platine.
       Like Horses Do c'est donc pour schématiser un chanteur qui crée les textes en la personne de Pierre, un roi des platines Yann et une superbe voix à fort pouvoir mélodique avec Manon. Pour se créer une petite mythologie personnelle, le nom du groupe proviendrait de la réaction des chevaux à l'écoute de leur musique, qui auraient une forte tendance à bouger les têtes. C'est cocasse, j'aime bien mais je ne vous cache pas que mon objectif sera ici de vous montrer que Like Horses Do fait surtout bouger les têtes des hommes, après je laisse le soin aux spécialistes de la musique chevalinne d'intervenir dans les commentaires. Donc au programme 6 titres de qualité qui se présentent comme un véritable patchwork musical, alliant trip-hop (oui, oui j'ose utiliser ce mot désuet qui hérisse les cheveux de certains critiques musicaux), électro-pop et électronica.  On pourrait même parler de folktronica mais je ne suis pas très à l'aise avec ce concept flou...
         1.Stars ouvre le bal en s'appuyant sur la voix chaude de Pierre qui se pose avec douceur sur une instrumentation downtempo puis dans la deuxième partie du morceau le flow s'accélère et le fantôme du hip-hop vient promener sa longue silhouette sur le titre. Une ouverture en retenue qui laisse sa place à la douce mélodie tout en scintillements sonores de 2. Détente. Mélodie à laquelle viennent s'ajouter des beats plus mécaniques dignes de Third de Portishead et la voix plus ambigue du chanteur. Du coup, le morceau gagne en épaisseur et l'atmosphère d'ensemble se fait volontiers plus vénéneuse. Un superbe titre à la composition plus dense. 3.My Planet élève encore le niveau, ce en grande partie grâce à la sublime voix cristalline de Manon qui allie la fragilité d'Emilie Simon et la sensualité glam-disco d'Alison Goldfrapp. Douceur de la mélodie et beats convaincants font de ce titre mon préféré de l'EP tout simplement.
        4.Silent Whisper réveille quant à lui les souvenirs du trip-hop déchu en rappelant l'univers de Portishead, voire celui de Felt Mountain de Goldfrapp. Rythmique downtempo, morceau navigant en hautes altitudes qui brille par la complémentarité des voix masculine et féminine qui se répondent mélodieusement.  5.Intrusion reste globalement dans la veine de 1.Stars avec néanmoins un jeu beaucoup plus prononcé sur les rythmiques qui le rend plus surprenant. Enfin 6. WSWTW finit l'album sur une note totalement différente. Morceau électro taillé pour les dance-floors avec une rythmique très rapide digne de Black Strobe, il confirme qu'à l'écoute de Like Horses Do il n'y a définitivement pas que les têtes qui bougent....
       En six titres finement ciselés, Like Horses Do vient de faire une entrée remarquée et j'attends déjà avec impatience le premier LP. Tout simplement.
 
Titres préférés:        3.My Planet
                              2.Détente
                              4.Silent Whisper



CLIP Like Horses do - "The Stars" par realoner


Note 8 / 10

Sylphe

samedi 10 septembre 2011

Rome (2011) de Danger Mouse & Daniele Luppi


Chose promise, chose due : retour à 5 minutes de vrai bon son avec Rome, livraison printanière 2011 de Danger Mouse. De son vrai nom Brian Burton, ce DJ new-yorkais de 34 ans a déjà un beau pedigree : expériences sonores avec Beck, Gorillaz ou The Good, The Bad and The Queen, mais aussi un joli petit scandale en 2004 avec The Grey Album. The Grey Album, ou un mashup entre le White Album des Beatles et le Black Album de Jay-Z. Et pourquoi donc un scandale ? Parce que l’ami Mouse n’avait jamais demandé les droits d’utiliser les morceaux des Beatles. Tout ça a fini en album pirate, téléchargements par millions et repérage par Damon Albarn qui recruta l’énergumène pour produire Demon Days.
La musique sort grandie de tout cela puisqu’on récupère un créateur de sons et d’ambiances assez incroyable. Avec Rome, Danger Mouse s’est lancé dans un album hyper-travaillé en compagnie de Daniele Luppi, compositeur italien dont il fait la rencontre en 2004. Leur passion commune pour les bandes originales du ciné italien les réunit autour du projet Rome, une sorte de pari démentiel mené sur plusieurs années.
Direction l’Italie et Rome, donc, où le duo réunit certains des musiciens ayant joué les BO de Sergio Leone/Ennio Morricone. Non contents de retrouver les musicos, ils enregistrent au Forum Music Village, studio fondé justement par Morricone. Et pour parfaire le tableau, tout ce beau monde bosse selon les techniques de l’époque : de l’analogique, des bandes magnétiques, du matos vintage déniché on ne sait où, pour accoucher d’une trame musicale à pleurer de bonheur.
Et des voix. Magiques, démentielles, à se damner. Pensez donc : ouverture avec le Theme of Rome, du fond duquel émerge une voix pas tout à fait inconnue. Edda Dell’Orso, ou la soprano qui a dramatisé Le Bon, la Brute et le Truand. Quelques titres plus loin, Norah Jones pose son velours sur Season’s trees, Black (où on percevra en intro le sample d’Hotel California) et Problem Queen. Jack White, de son côté, assèche The rose with the broken neck, Two against one et The world comme le fin fond d’un désert-spaghetti.
Rome est sans appel : c’est un disque génial. Tour à tour clin d’oeil gigantesque à Morricone ou album pop-hip-hop hors du temps, on y retrouve aussi des sons et des ambiances du Western sous la neige de Dionysos. C’est un album troublant qui ne dit jamais son époque, en s’offrant à la fois du vintage comme on n’en rêvait plus et des touches de modernité en avance de plusieurs années. Une aventure de plusieurs années. Un travail minutieux, acharné et passionné. Assurément un des albums phares de 2011.



Raf Against The Machine

samedi 3 septembre 2011

Give till it’s gone (2011) de Ben Harper


Après un bon été pluvieux comme on les aime (ou pas), retour aux affaires. La météo nous a aidée à remplir nos oreilles de bon son, nous avons donc plein de choses à raconter.

Côté bon son, sommes nous d’ailleurs bien tombés avec Give till it’s gone, dernière livraison de Ben Harper ? Plutôt oui… mais finalement non. Sa précédente apparition musicale s’appelait Fistful of Mercy, dont nous avons déjà causé ici. Si l’on voulait faire un mauvais (et inexact) jeu de mots, on résumerait par un : « Fistful of Mercy, euh, non, mercy ». Après ce naufrage musical, retrouver Ben en solo auréolé d’une campagne promo aguicheuse (« le retour aux sources ») me faisait saliver.

Et, pour être très honnête, la première oreille s’est satisfaite de retrouver des guitares pas dégueu dans les deux premiers titres, Don’t give up on me now et I will not be broken. Donc première approche prometteuse. Hélas, trois fois hélas :  il y a d’autres morceaux. Qui nous entraînent vers une nouvelle désillusion. Rock’n’ Roll is free est rock, mais fade. Feel love est une sorte de balade, fade également. Le reste de l’album (11 titres tout de même !) est du même tonneau : pas efficace.

Give till it’s gone est un album cathartique : Ben Harper a voulu y mettre ses sentiments post-rupture avec Laura Dern. Du coup, on navigue avec lui entre des pseudo-lamentations et des bons titres guitareux. Autrement dit, c’est le grand écart entre « Je reste seul prostré chez moi en pleurant mes amours mortes » et « je fais de la gratte comme un gros célibataire avec mes potes célibataires en buvant des binouzes, yeah les gars ». Résultat couru d’avance : l’opus manque cruellement de cohésion et nos oreilles n’adhérent pas au projet.

Que les titres soient soft ou plus rocky, ils ont un point commun : Ben Harper a encore fait de la soupe à la guimauve. Sauf que, mon gars Harper, la soupe c’est sympa mais y a des jours où on a envie de se taper une putain de côte de bœuf avec une bonne sauce poivre et de la moutarde qui nous arrachent un peu la tronche. Où est passée la magie de Welcome to the cruel world ? Où est passée l’incandescence de Fight for your mind ? La créativité de The will to live ? On n’en sait rien, et c’est bien moche.

Une fois encore, on se retrouve face à un CD décevant, même si l’écoute en a été moins laborieuse que le naufrage Fistful of mercy (oui, je sais, j’en ai vraiment après ce disque, mais il est proprement insupportable). Voilà, tout est dit, je suis content de vous retrouver et d’avoir ouvert la saison en évacuant d’entrée de jeu Give till it’s gone.

Rendez-vous la semaine prochaine (et tous les samedis, créneau identique à l’année passée) pour 5 minutes de vrai bon son, promis, juré, craché.



Raf Against The Machine

dimanche 24 juillet 2011

Eye Contact de Gang Gang Dance (2011)

      Il aura fallu que j'attende le cinquième album Eye Contact pour que mes oreilles se posent sur un album de Gang Gang Dance et bien m'en a pris (ou mal m'en a pris de ne pas avoir écouté les quatre précédents dont le dernier Saint Dymphna en 2008 sur le label WARP). Le quatuor est originaire de New-York, composé de Brian Degraw, Josh Diamond, du nouveau batteur Jesse Lee et de la superbe voix Liz Bougatsos et cette jolie troupe de Brooklyn a signé cet opus sur le label 4AD. Voilà pour les dispensables informations biographiques que les néophytes de Gang Gang Dance comme moi peuvent cependant apprécier sans se plaindre que le rédacteur de cette chronique perd quelque peu son temps. Et le son me direz-vous? Alors pour obtenir un bon Eye Contact il faut une belle multitude d'ingrédients: des synthés planants et de la réverb à foison, des percus tribales, des influences world (du Moyen-Orient à l'Inde de Bollywood), de l'électro à la The Knife, une voix sublime qui confère une atmosphère plus pop à l'ensemble et quelques collaborations bien senties ( Alexis Taylor sur 7.Romance Layers). Secouez bien l'ensemble, assaisonnez avec quelques herbes prohibées par la loi (dois-je préciser que je n'en suis pas adepte et que cette remarque n'est en rien une incitation à la consommation?) pour pleinement savourer le délire électro-tribal à la Animal Collective et il ne reste plus qu'à savourer.

        1.Glass Jar commence sur quelques mots prémonitoires " I can hear everything. It's everything time." et démarre tout en douceur, porté par les synthés. Les drums viendront jouer leur rôle, au bout de six minutes la voix de Liz entrera en scène et donnera une valeur plus pop, voire rock par la rythmique, à l'ensemble. Cette odyssée sonore de 11 minutes qui m'évoque du Of Montreal moins farfelu, révèle tout le potentiel sonore de Gang Gang Dance et s'impose d'emblée comme une véritable leçon de transcendance. L'intermède d'une minute 2. ∞ aide à se remettre de ce long périple, porté par le chant incantatoire d'un pope orthodoxe. 3. Adult Goth prolonge le degré d'excellence, les claviers mettent parfaitement en valeur la voix de Liz qui par sa belle capacité à monter dans les aigus dans les refrains donne une véritable teneur pop au morceau. 4.Chinese High, porté par la ligne de basse de Tim Koh ( Ariel Pink's Haunted Graffiti), joue davantage la carte de l'électro-tribale et l'on se retrouve plongé sur les boulevards de Bollywood, tout en écoutant du Yeasayer.

      Arrive alors un autre véritable sommet de l'album avec le superbe 5.Mindkilla qui sonne comme du Crystal Castles en mode tribal ou du MIA en version pop/dance. Voix pop, mélange des rythmiques, prédominance des drums, un morceau foisonnant à souhait. Deuxième intermède avec 6. ∞ ∞ avant 7. Romance Layers où Alexis Taylor d'Hot Chip vient prêter sa voix. Morceau de pop 80's assez anachronique où j'ai la perpétuelle impression d'entendre du Georges Michael, morceau qui a le mérite de ralentir la fréquence cardiaque et d'instaurer une oasis de douceur groovy. Un 8.Sacer tout en drums et douceur, un nouvel intermède 9. ∞ ∞ ∞ et 10.Thru Thru vient clore en beauté ce bien bel album et prouver que Liz Bougatsos a autant d'Emilie Simon que de Karin Dreijer Andersson dans la voix. Voilà en tout cas une bien belle découverte pour moi et je ne serais pas étonné de vous reparler de cet opus dans les tops de fin d'année, rien que ça...



Morceaux préférés: 1.Glass Jar
                              5.Mindkilla 
                             10.Thru and Thru
                             3. Adult Goth







Note   8 . 5 / 10

Sylphe

mardi 19 juillet 2011

Mirrorwritting de Jamie Woon (2011)

     En ce mois de juillet qui ressemble fortement aux vacances automnales de la Toussaint il me prend des envies irrépressibles de m'allumer un bon feu en narguant cette pluie perpétuelle que j'évite en restant tranquillement au chaud chez moi. Le seul problème c'est que je n'ai pas de cheminée et ça on a beau le tourner dans tous les sens ça reste quand même fort préjudiciable pour mon rêve... Du coup j'ai trouvé la parade dernièrement en m'écoutant un album de soul/dubstep Mirrorwritting hanté par la voix ô combien chaude et rassurante de Jamie Woon. Le garçon est londonien, peut faire penser à une version plus soul de James Blake et s'est fait précédemment connaître pour Wayfaring Stranger en 2007 dont Burial avait fait un superbe remix. Arrive donc 4 ans plus tard ce premier opus tant attendu dont je vais tenter d'esquisser un bref aperçu pour titiller vos papilles auditives.

     L'album part très fort avec l'excellent 1.Night Air qui par son univers électro/dubstep sonne comme du James Blake. Cependant, il faut y rajouter la touche soul qui suinte par tous les pores à travers la superbe voix de Jamie Woon. Ce titre à mon sens résume parfaitement la teneur de Mirrorwritting qui oscille perpétuellement entre univers instrumental électro/dubstep et une voix soul/R'n'b. L'alliance est juste sublime et s'affirme comme la clé du succès de cet opus. 2.Street continue dans la même veine même si la voix se montre plus omniprésente pour un titre résolument soul, malgré la douceur des sonorités électroniques en fond. 3.Lady Luck joue quant à lui pleinement la carte R'n'b et Jamie Woon sonne comme du Craig David de la grande époque (et ouais sur Five-Minutes on cite même du Craig David! Amazing!). Un morceau taillé pour le grand public, morceau de qualité qui ne reflète cependant pas vraiment l'atmosphère de l'album, plus en nuances et contrastes. Un 4.Shoulda plus dubstep amène en douceur l'excellent 5.Middle qui brille par sa rythmique plus funk qui en fait un de mes titres préférés de l'opus. Un 6.Spirits plus intemporel avec ses choeurs en fond et la prédominance des drums en fond, un 7.Echoes qui ne fait pas forcément longtemps écho en moi, un 8.Spiral qui porte bien son nom avec sa structure spiralaire et arrive l'excellent 9.TMRW qui se montre plus percutant. Un 10. Secondbreath en guise d'intermède (47 secondes), un 11.Gravity empreint de douceur et un 12.Waterfront qui referme sobrement cet halo de chaleur soul, voilà Jamie Woon vient en toute simplicité de nous donner une bien belle leçon de soul dubstep. Autrement moins cérébral et plus sensuel que son comparse James Blake.



Titres préférés: 1.Night Air
                       5.Middle
                       9.TMRW
                       3.Lady Luck








Note 8 / 10

Sylphe

mercredi 13 juillet 2011

Living on the edge of time de Yuksek (2011)

     Des nouvelles de Reims et de sa pléthore d'artistes avec Pierre-Alexandre Busson alias Yuksek ( qui signifie haut en turc pour nos amis étymologistes) qui sort son deuxième opus intitulé Living on the edge of time après Away from the sea en 2009 et une quantité affolante de remixes. Vous avez forcément, peut-être sans le savoir, écouté des titres de l'opus précédent comme Tonight, Extraball (feat. Amanda Blank) ou encore So far away from the sea avec les amis de The Bewitched Hands. Un album électro de qualité que l'on sentait déjà fortement attiré par la force d'attraction de la pop. Avec Living on the edge of time, le virage pop est très clairement pris et on se retrouve face à une électro-pop très fraiche s'appuyant sur des mélodies imparables. Le plaisir instantané, s'il va permettre à Yuksek de toucher un plus large public, a cependant son revers de la médaille avec cette impression de se trouver face à un album trop lisse qui manque de diversité. Revue d'effectifs...

     1.Always on the run tape fort d'entrée avec ses claviers omniprésents et ses rythmiques qui m'évoquent du Justice ayant pris en intraveineuse une bonne dose de pop (DANCE?). Le premier constat c'est que Yuksek a bien progressé au chant et se montre globalement convaincant tout au long de l'album. 2.White Keys s'offre dans la foulée un son électronique plus saturé et recherché mais qui ne s'avère finalement qu'un artifice pour mettre en valeur les choeurs enfantins. 3.Off the wall s'impose par la suite comme le titre pop de l'album, celui qui sent bon le sable chaud et la crême solaire. Le genre de titre que l'on vous passe et où le "Tabernacle!" (on partira tous du principe que le lecteur a du sang québécois en lui) explose lorsque l'on vous assure avec aplomb que c'est bien Yuksek qui a commis ce superbe attentat. 4.On a train continue dans la catégorie " Et ouais moi je sais pondre du refrain électro-pop de qualité", la rythmique électro-pop est aussi simple qu'addictive.

      Un 5. Say a word plus électro, un 6. To see you smile qui sait rendre l'atmosphère plus paisible amènent avec douceur un des autres titres-phare de l'album 7.The Edge, petite épopée électro-pop à la construction plus recherchée. 8.Fireworks réveille les talents de remixeur de Yuksek, l'univers est plus sombre et plus électro et rappelle les atmosphères de Justice ou encore Birdy Nam Nam. Sans conteste le titre le plus électro de l'opus. Un 9.Miracle avec peu de réverb et une structure ardue à souhait, un 10. You should talk électro (après Say a word le message semble bien passé) sans surprise malgré sa rythmique uptempo et un 11.Dead or alive sans grand relief confirment que la sensation de monotonie finit peu à peu par prendre le dessus.

En définitive je ne reprocherai pas du tout à Yuksek d'avoir réalisé un album électro-pop car il a un talent certain pour les mélodies, je reprocherai juste à cet opus un relatif manque de diversité et d'originalité.



Morceaux préférés: 1.Always on the run
                               7.The Edge
                               3.Off the wall
                               8.Fireworks







Note 7 . 5 / 10

Sylphe

samedi 9 juillet 2011

I love you dude de Digitalism (2011)

       Aujourd'hui on va prendre des nouvelles de Digitalism, duo originaire de Hambourg composé de Jens Moelle et Ismail Tuefekci, qui s'était fait connaître en 2007 avec son très bon premier opus Idealism. Après un album de remixes Hands on idealism voici donc leur véritable deuxième opus au titre on ne peut plus cool I love you dude. J'aime chroniquer ce genre d'album car il est très facile à appréhender, le plaisir d'écoute est quasi instantané. De plus, même si la tentation pop est pleinement assumée, on retrouve les recettes habituelles de nos allemands entre mélodies imparables et instrumentation électro imposante.

       1.Stratosphere et sa rythmique percutante met d'emblée l'accent sur une électro french touch digne des Daft Punk, époque Discovery. Le son s'insinue insidieusement en nous et nous prépare pour la bombe électro-pop 2.2 Hearts, superbe titre où on se laisse pleinement embarquer tant le sens de la mélodie est pointu et la voix convaincante. A n'en pas douter Digitalism a compris que cette année 2011 serait pop ou ne serait pas, phénomène qu'on abordera aussi prochainement avec le nouveau Yuksek. 3.Circles prolonge cette terre de constrastes entre l'aspect pop de la voix et une instrumentation qui se veut plus lourde, mais force est de constater que les deux se marient pleinement. Arrive un autre moment fort de l'album avec la démonstration électro de 4.Blitz où les Allemands confirment bien qu'ils sont toujours les rois des machines. Un morceau taillé pour les dance-floors qui devrait faire fumer des milliers de semelles de tongs cet été.

     5.Forrest Gump devrait lui aussi vraisemblablement vous faire courir, grâce entre autres à la voix de Julian Casablancas qui confirme que Digitalism sait se montrer à l'aise avec l'influence pop/rock. A noter une rythmique digne du premier opus de CSS. 6.Reeperbahn surprend dans la foulée avec un son plus âpre qui évoque pour moi Prodigy ou la BO de Matrix. Entre voix robotisée et son saturé Digitalism montre qu'il ne renie pas ses influences premières. 7.Antibiotics reste dans une veine électro habituelle avant le très bon 8.Just Gazin', hymne à peine déguisé à Air. Douceur de l'instrumentation et de la voix pour créer une véritable oasis sonore, que l'on a peur de prendre pour un mirage. 9.Miami Showdown s'impose ensuite comme le meilleur titre électro de l'opus avec 4.Blitz. avec sa rythmique martiale. 10. Encore finit l'album sans grande surprise et les possesseurs de l'album pourront savourer ensuite deux titres bonus dont l'excellent 11.Silenz, autrement plus convaincant que le dispensable 12.Blade.

      Même si la prise de risque de Digitalism reste très mesurée, on ne peut que savourer ces nouvelles influences pop et ce I love you dude sera très sûrement un des principaux sons de l'été.



Morceaux préférés: 2. 2Hearts


                              4. Blitz


                              9.Miami Showdown


                              8.Just Gazin' 





Note 8 / 10

Sylphe

mardi 5 juillet 2011

Gloss Drop de Battles (2011)

   Après l'excellent Mirrored sorti en 2007, les américains labélisés Warp de Battles reviennent avec leur deuxième opus à la pochette alléchante Gloss Drop. Toujours John Stanier (-ex Helmet) à la batterie, Ian Williams (ex Don Caballero) à la guitare, Dave Konopka à la basse mais finie la tête pensante du groupe Tyondai Braxton qui est parti avec sa guitare et sa voix pour de nouvelles aventures en solo. Je ne m'aventurerai pas comme bon nombre de bloggeurs à dire que sans Braxton le groupe avait peu de chances de se relever car je ne suis pas dans les petits papiers de Battles et n'assiste jamais à leur processus de création.... La seule chose que je pouvais constater c'est que les new-yorkais avaient perdu leur voix, fait qu'ils ont essayé de contrecarrer dans cet opus en faisant la part belle à quelques featurings prestigieux ( Matias Aguayo, Gary Numan, Kazu Makino, Yamantaka Eye) dont on reparlera par la suite. Les premières écoutes de Gloss Drop sont plutôt paradoxales, oscillant entre plaisir de se retrouver en terrain connu avec ce math-rock ciselé et brillant toujours autant par sa haute technicité, et tâtonnements face à cette inspiration post-rock qui irait presque faire les yeux doux à la pop et à la dance. En bref un album se voulant très clairement plus hédoniste et plus facile à appréhender.  Petit survol, on se prépare pour cette fête d'anniversaire où l'on va s'enchaîner sans arrière-pensée une bonne dose de sucreries...
        1.Africastle (palme du titre mot-valise de l'année) commence en douceur avec quelques accords posés en toute simplicité sur un fond sonore mystérieux puis au bout de deux minutes le bonbon est croqué et l'explosion de saveurs en bouche est inarrêtable. La batterie et les guitares prennent le pouvoir, les claviers tentent d'entamer le dialogue, les couches musicales se superposent, les instruments entrent en communion et on assiste sidéré à ce goût en bouche, aussi doux qu'âcre. Un pur morceau de math-rock qui aurait rêvé de jouer du Vampire Weekend ayant copulé avec Animal Collective.
Dans la foulée, 2.Ice Cream nous assène une belle claque pop avec la folie caribéenne de Matias Aguayo. Un vrai délire, un accouplement incompréhensible entre pop et math-rock pour un titre inclassable, comme si l'esprit incontrôlable venait de s'enfiler une triple rangée de fraises tagada arrosées de champomy (vous savez la vieille pub avec le "donnez nous le chien"- pardon ce flash est aussi incontrôlable....). Essoufflé par cette crise de gourmandise, impossible de se poser avec le sublime 3.Futura qui symbolise parfaitement ce souci de superposer les couches musicales. Une guitare démarre puis viennent tour à tour se rajouter la batterie, les basses, le clavier puis une seconde guitare. Une rigueur mathématique pour un procédé qui met parfaitement en valeur la montée irrémédiable du morceau. Le taux de glucose est en train de dangereusement s'élever, les morceaux entre 4 et 6 minutes s'enchaînent... 4.Inchworm c'est la petite série de nounours, toujours aussi bons sans être les meilleurs. 5.Wall Street et sa rythmique aussi légère qu'ultra-rapide c'est la fontaine de réglisses qui nous inonde. La fête anniversaire semble partir en sucette (jeu de mot copyright carambar and co), l'excès de sucre a fait perdre toute raison aux jeunes convives.
     Le contre-coup arrive inlassablement, il est déjà 22h30 et les paupières frissonnent. Le rythme cardiaque baisse, un dernier sursaut d'esprit invite à s'éloigner de la table à friandises pour danser sur la piste éclairée par les spots tamisés. 6. My Machines permet de savourer un bon moment de post-rock avec la voix de Gary Numan, le math-rock est ausi loin que les bonbons. 7.Dominican fade, petit intermède percus digne de Matias Aguayo, offre le plaisir de montrer à tous qu'on maîtrise la chorégraphie ô combien difficile du dernier tube de l'été. Puis le boutonneux à lunettes craque aux platines en coupant ce tube pour un truc pop-rock qui fait un peu tâche, Kazu Makino de Blonde Redhead a beau y mettre du sien 8.Sweetie & shag serait bon mais pas en plein milieu de cette fête d'anniversaire. Puis arrive le moment détesté, celui où l'heureux élu sort son cadeau, un vieux clavier et tente un morceau improvisé ( 9.Toddler)... Ouf ça ne dépasse pas la minute 30 même si ça a semblé une éternité! Enfin le tube électro sur la piste avec le délire bricolo 10.Rolls Bayce. On se défoule en percevant dans les coins obscurs les premiers couples qui s'embrassent en évitant le carambolage d'appareils dentaires et les petits frères endormis sur les chaises. Mais une vraie fête d'anniversaire finit forcément par un raid meurtrier sur la table à bonbons, une bonne manière d'oublier que la sublime Jennifer a craqué pour le péroxydé Kévin et que la solution de rechange, la brave Cindy, ose parler au blaireau des platines... On s'empiffre avec la débauche de bananes de 11.White Electric avant de littéralement dépasser les bornes avec l'expérimental et assez inaudible 12.Sundome (feat Yamantaka Eye). La lumière s'allume, il ne reste plus qu'à ranger et repartir avec des étoiles dans les yeux et un bon mal au foie.
      Gloss Drop se consomme avec plaisir mais son écoute trop répétitive peut cependant quelques fois déclencher quelques légères aigreurs d'estomac.
 
Morceaux préférés:  1.Africastle
                                2. Ice Cream
                                3.Futura
                                5.Wall Street

 





Note 7 . 5 / 10

Sylphe

mercredi 29 juin 2011

Son du Jour n°9: Sometimes de Miami Horror

   Parce que Miami Horror ça sonne autrement plus frais et plus pop que The Horrors...







Tiré de l'album Illumination (2011)

Sylphe

mardi 28 juin 2011

Son du Jour n°8: It's like that de Run DMC

     Parce que j'ai honte d'avoir réécouté ce titre imparable à cause d'une pub F...




 
Tiré de l'album Run DMC (1984)


Sylphe

lundi 27 juin 2011

Son du Jour n°7: Communiste de Cyril Mokaiesh

Parce que j'aime les titres utopiques et que Fleurent-Didier a trouvé le pendant gauchiste à son France Culture....





Tiré de l'album Du Rouge et des passions (2011)


Sylphe

dimanche 26 juin 2011

Son du Jour n°6: Personal Jesus (Alex Metric Remix Edit) de Depeche Mode

Parce que si vous aimez Depeche Mode et Metric il y a quand même de fortes chances que vous aimiez un remix de Depeche Mode par Metric....





Tiré de l'album Remixes 2: 81-11

Sylphe

samedi 25 juin 2011

Rising Doom de Mondkopf (2011)

    En 2009 j'étais littéralement sous le charme de Galaxy of Nowhere, premier opus de Paul Régimbeau alias Mondkopf ( Tête de Lune en allemand), jeune toulousain talentueux proposant une électronica planante finement ciselée. Deux ans plus tard, Mondkopf revient avec un deuxième album intitulé Rising Doom placé sous le sceau de la noirceur et qui tourne quelque peu le dos à l'électronica pour se tourner vers des sonorités plus âpres aux confins de l'électro-techno. Le résultat est quelque peu destabilisant, suivez moi pour une petite visite de ces lieux souterrains..
      1.Instrus commence sur des chants lugubres qui évoquent l'univers oppressant du Nom de la Rose, chants noyés peu à peu sous des machines vibrantes qui saturent et prennent autoritairement le pouvoir. L'impression de voir se poser un vaisseau extraterrestre, tout en ne sachant pas les intentions de ses occupants.... d'où une sensation d'angoisse palpable. 2.Deadwood reste dans la droite lignée de la fin d'Instrus, le son est dur et tranchant, le beat puissant et anxiogène. Les armées sortent inlassablement du vaisseau, pas une voix, seul le martèlement des semelles sur le sol assène des frissons dans l'échine... Arrive le sommet de l'album avec 3.Day of Anger, superbe morceau tout en contraste entre un son lourd et une jolie petite mélodie au piano qui introduit et clôt la plage. Un morceau qui par ce jeu d'antithèses rappelle davantage l'opus précédent ou l'univers de Fuck Buttons. Comme si peu à peu les sensations envers ces extraterrestres oscillaient imperceptiblement entre répulsion et attirance...
      4.The Song of Shadows fonctionne sur cette même antithèse entre mélodie douce de synthés et beats aussi bien impérieux qu'impériaux. Le regard se tourne vers un être entouré d'un halo lumineux dont le regard aussi vide que perçant désarme, la minute de silence à la fin du morceau souligne à quel point le temps vient de s'arrêter, à quel point tous les hommes sont suspendus aux lèvres de cette créature supérieure. 5.Moon's Throat, entre synthés assourdissants et chant inhumain, symbolise parfaitement le discours incompréhensible de la créature alors que des jeunes femmes dans le public entament involontairement de doux chants d'allégeance et que certains hommes posent déjà un genou à terre... L'attirance prend irrémédiablement le dessus sur la répulsion... 6.Beyond the golden valleys offre une mélodie plus douce, ce morceau digne du premier opus est superbe. Les lumières du vaisseau scintillent, la nuit tombe et de douces mélopées sortent du vaisseau pour finir de séduire les derniers résistants qui s'agenouillent humblement... 7.Sweet Memories affirme sa puissance sonore et les hommes baissent la nuque en signe de soumission totale.... Un moment de légère baisse avec 8.Girls don't cry Part II et le dispensable 9.Where the Gods fall trop acerbe et trop techno, les hommes sentent pointer en eux le doute et quelques regards emplis d'inquiétude se soulèvent avant que 10.My heart is yours ne les dompte définitivement par sa beauté sculpturale. 11.Fossil Lights finit superbement l'album avec ses 9 minutes grandiloquentes, les hommes entraperçoivent un avenir sublime de cohabitation.
       Ce deuxième opus de Mondkopf possède toujours cette puissance cinématique incontestable et témoigne d'une mâitrise réelle, même si cette tournure vers un son plus âpre me fait quelque peu regretter la douce électronica du précédent album.
 
Morceaux préférés: 3.Day of Anger
                              10.My Heart is yours
                               4.The Song of Shadows
                               2. Deadwood

 
 





Note 7 / 10

Sylphe

vendredi 24 juin 2011

Son du Jour n°4: Drugstore Montmartre de Sarah W_ Papsun

Parce que ça sonne comme une évidence et ça sent bon le Bloc Party survitaminé...





Tiré de l'EP Drugstore Montmartre (2011)


Sylphe

mercredi 22 juin 2011

Son du Jour n°4: Rolling in the Deep d'Adele

     Parce que les jours où on n'a pas un clip à poster il y a toujours un bon tube d'Adele qui rattrape le coup....



Tiré de l'album 21 (2011)
Emma

mardi 21 juin 2011

Oro d'Orka (2011)

      Aujourd'hui direction exotique avec ce petit voyage aux Iles Féroé, patrie que le français chauvin de base connaît juste par sa piètre équipe de football que nous avons battue lors des Eliminatoires pour le Championnat d'Europe 2010. En même temps, ce même français a malheureusement tendance à oublier qu'il n'y a que 50 000 habitants aux Iles Féroé et que donc... enfin bref j'ai honte d'introduire le quintet Orka, mené par Jens Thomsen, par ces indications footballistiques mais j'avoue humblement que je ne connais les Iles Féroé que par son équipe de football. Stop aux mauvaises langues déjà sur le point de me qualifier de français chauvin de base et place à la musique. Avec ce deuxième opus intitulé Oro (je m'excuse à l'avance mais je vais écorcher de nombreux mots car il me manque de nombreuses lettres ou accents- si vous avez un jour écrit un texte sur Sigur Ros vous comprendrez), je fais connaissance avec ce groupe car j'avais totalement laissé passer le premier album Livandi Oyda en 2008.
      La pochette très sombre nous laisse déjà augurer que cet album arrive un peu à contre-courant et ne sera pas l'album de votre été que vous écouterez des heures durant sur votre chaise longue en plein soleil. En effet, le climat de l'opus est volontiers sombre et urbain avec ses sonorités industrielles volées à Amon Tobin. 1.Orogv fait place d'emblée à une voix sombre et inquiétante qui s'épanouit telle une fleur vénéneuse au milieu de sonorités indus, une voix à fort pouvoir incantatoire, comme si Fever Ray avait changé de sexe... Une ouverture superbe qui plonge immédiatement dans cet univers intemporel. 2.Betri Tidir et ses boucles entêtantes frappe encore plus fort dans la foulée. Les choeurs font monter la tension avant que la voix du chanteur apparaisse et contraste par ses sonorités plus pop, surtout dans le refrain avec cette capacité surprenante à monter dans les aigus. 3.Hungur et la palette de ses sonorités industrielles se montre plus abrupt avec ses ruptures de rythme perpétuelles qui rendent ce morceau inclassable. Mais que dire du bijou 4.Aldan Reyd qui contraste littéralement avec 3. Hungur?  Morceau très doux porté par les cordes et un chant envoûtant qui évoque l'évanescence de Sigur Ros. Un moment aux frontières du rêve et de la magie.
      Il faut croire que Orka aime destabiliser car 5.Fylgid nous replonge dans un univers anxiogène après l'éclairicie Aldan Reyd. Des sonorités dignes de Bricolage d'Amon Tobin et des choeurs spectraux qui déclenchent des frissons incontrôlables dans l'échine... Et nouvelle volte-face avec la douceur presque folk de 6.Hon Leitar. Univers dépouillé avec une simple guitare en guise d'accompagnement pour la voix si expressive. Un 7.Tad Vakrasta plus tribal qui met à l'honneur les drums, un 8.Rumdardrongurin au rythme martial, un 9. Moldblak aussi sombre que la nuit polaire la plus épaisse avec un chant sorti des profondeurs immémoriales et enfin un 10.Kapersber qui referme parfaitement la boucle, tant le chant se montre aussi incantatoire que sur 1.Orgov.
      En 10 titres finement ciselés Orka vient d'envoyer une équipe de football aux oubliettes, désormais lorsque l'on me parlera des Iles Féroé je tremblerai et verrai des plaines balayées par un vent glacial lors d'une nuit où la lune inonde l'ensemble de sa lumière tout aussi spectrale que sublime.
 
Morceaux préférés: 4.Aldan Reyd
                              2. Betri Tidir
                              1. Orogv
                              6.Hon Leitar

 





Note 8 / 10

Sylphe

lundi 20 juin 2011

Son du Jour n°3: Utopia de Goldfrapp

Parce qu'on a finalement tendance à oublier que Goldfrapp a fait ses débuts dans la sphère trip-hop et que c'était planant à souhait...





Tiré de l'album Felt Mountain (2000)
Sylphe

dimanche 19 juin 2011

Son du Jour n°2: Uknowwhatiwant de Elektrisk Gonner

Parce que ça réveille toujours les hormones un clip sein-pathique pour un titre assa-sein...








Tiré de l'album Yer Fire (2011)

Sylphe

samedi 18 juin 2011

Son du Jour n°1: Aratan N Tinariwen de Tamikrest

Parce qu'on rêve tous de déserts infinis et pas seulement du sable des plages qui gratte le cul et brûle les pieds...





Tiré de l'album Toumastin (2011)

Sylphe

vendredi 17 juin 2011

Selah Sue de Selah Sue (2011)

      Comme la plupart des lecteurs de ce blog je pense, je n'écoute que très rarement les radios dites généralistes par respect pour mes oreilles. Cependant, je m'oublie de temps en temps en voiture afin de préserver les collègues que je covoiture et qui n'ont pas vraiment les mêmes goûts musicaux, du coup il peut arriver quelques fois de tomber sur un titre percutant, perdu au milieu de cette mélasse sonore. J'ai ainsi fait connaissance avec Selah Sue avec son single Raggamuffin qui passe à foison sur les antennes. Comme les radios ont cette fâcheuse tendance à ne pas annoncer toujours très clairement les titres diffusés, j'ai longtemps cru que Nneka avait enfin sorti un nouvel opus et je m'en frottais les mains à l'avance. Et là on me parle d'une certaine Selah Sue, petite blondinette belge de 21 ans qui ne colle pas vraiment à l'image de cette voix chaudement ragga/soul que je m'étais faite. Le problème c'est que je suis extrêmement curieux et que j'ai voulu écouter l'album, du coup impossible de ne pas vous parler de ce premier album, produit par Patrice et Farhrot ( producteur de Nneka, vous voyez que je n'étais quand même pas si loin!) et signé chez Because Music. Un premier essai très encourageant qui va chasser sur des plate-bandes qui ne me sont pas forcément familières, le ragga, la soul, le funk et le hip-hop.

      1.This World attaque sur une rythmique down-tempo qui met parfaitement en valeur la voix soul de Selah Sue. Ligne de basse minimaliste qui permet à cette voix de briller, une voix qui par sa richesse harmonique est très proche de celle Nneka. Promis c'est la seule fois que je cite Nneka dans cet article mais bon la similitude est quelques fois tellement évidente... Après cette entrée très réussie, 2. Peace of Mind rappelle davantage Lauryn Hill et les Fugees avec ce mélange entre ragga et hip-hop. Les refrains hip-hop sont un peu plus abrupts et désarçonnent quelque peu. Arrive la pépite en or massif avec le single 3. Raggamuffin où la soul et le ragga entrent en symbiose, portés par un refrain addictif. Un 4.Crazy Vibes plus funk, un 5.Black Part Love où funk et hip-hop s'entrelaçent (comment ça? on perçoit dans cet article que je ne suis pas en terrain connu! Enfin je ne vous permets pas! Oui bon allez d'accord... mais finissez quand même -dit les larmes aux yeux en tenant son chapeau comme le Chat Botté de Shrek). 6. Mommy présente une autre façette de Selah Sue, cette capacité à créer des ambiances plus intimistes où toute la douceur de la voix peut s'exprimer. Ici c'est la guitare qui se met au service de la voix, dans le très bon 9.Summertime ce sont les violons qui viendront enrichir le morceau.

     Et que dire de 8.Please, superbe morceau funk en duo avec l'excellent Cee-Lo Green qui apparaissait aussi sur le premier opus de ce dernier. Deux voix qui se complètent parfaitement pour un des sommets de l'opus. Dans la catégorie des meilleurs titres de l'album, on pourra aussi citer le funky 10.Crazy Sufferin Style avec son refrain entêtant porté par les choeurs. A n'en pas douter, après l'écoute de ce premier opus, Selah Sue mérite plus que l'écoute répétitive de son single en radio. J'attends avec impatience la suite de cette blague belge ( oui je sors...) qui n'a franchement absolument rien d'une imposture!



Morceaux préférés: 3.Raggamuffin


                               8.Please


                               1.This World


                                10. Crazy Sufferin Style 





Note 7 / 10

Sylphe

jeudi 16 juin 2011

Thicker Than Water de Kill The Young (2011)

  Il aura finalement fallu attendre 3 ans et demi pour percevoir la première réelle baisse de motivation vis-à-vis de ce blog, ce qui reste somme toute assez raisonnable. Tout bloggeur doit bien passer par ces étapes et le seul fait de décrocher 2/3 semaines accentue toujours l'impression de ne pas avoir le temps de parler de tout ce qu'on aime et de ne pas pouvoir reprendre le fil. Le fait est que la liste des albums savourés dernièrement est extrêmement longue et qu'il a bien fallu dégager l'album qui aurait l'honneur de me relancer dans la palpitante aventure bloguesque. Le choix n'a pas été facile puis j'ai voulu mettre l'accent sur l'impression de prendre un nouveau départ et rappeler qu'un certain 27 décembre 2007 le premier article de ce blog avait porté sur le deuxième album d'un trio de Manchester, Kill The Young. La fratrie Gorman ( Tom à la voix et à la guitare, Dylan à la basse et Oliver à la batterie et aux claviers) aurait-elle voulu me donner un coup de pouce symbolique qu'elle ne l'aurait pas mieux fait en sortant son troisième opus Thicker than Water après le très réussi Proud Sponsors of Boredom (2007).
     On avait donc quitté notre trio anglais sur une impression de légèreté adolescente avec ce rock joué sans arrière-pensée, à renfort de riffs dévastateurs et de refrains addictifs. Seulement le poids des années et des expériences de la vie (la mort du père il y a 2 ans) a considérablement fait évoluer le son de Kill The Young et le résultat a singulièrement gagné en épaisseur (clin d'oeil pour les anglophones) sans perdre cette fraicheur et ce sens inné de la mélodie qui met à mal les zygomatiques. 1. I don't want to fight with you anymore est le parfait reflet de cette évolution, la douceur de la voix posée sur un accompagnement minimaliste à la guitare donne une teinte particulièrement mélancolique au début du morceau, qui dans sa deuxième partie verra les guitares prendre le pouvoir pour donner un aspect plus post-rock digne de Mogwai. Un superbe morceau qui désarme d'entrée et qui s'affirme comme un des sommets de l'opus. Rassurez-vous fans de la première heure de Kill The Young j'ai bien parlé d'évolution mais non pas de métamorphose complète, 2.One and only et 3. You've got to promise me reviennent sur des sentiers plus connus. Rythmique très élevée, chant plus rock, force des choeurs pour deux belles petites pépites d'énergie pure avec une préférence pour 2.One and only, même si le refrain de 3.You've got to promise me envoie du bois très sérieusement.
      Arrive un autre sommet de l'opus avec l'excellent 4.Darwin smiles qui, par son atmosphère plus sombre et le son plus lourd, me ramène à Proud Sponsors of Boredom.  Pouvoir mélodique, refrain destructeur, sens de la dérision avec cet intermède des choeurs de l'Armée Rouge, un titre qui rappelle les déflagrations sonores de Ghinzu. 5.The Argument permet dans la foulée de reprendre quelque peu son souffle avec son ambiance plus feutrée où les cordes (oui vous ne rêvez pas!) font une apparition remarquée et adoucissent avec brio le morceau. 6.Good Bye Chris ( I found a cure for the broken hearted) expérimente lui aussi en mettant l'accent sur un son plus pop-rock où le refrain porté par les choeurs fait assez clairement écho aux gallois de Los Campesinos. Un titre qui brille par sa facilité apparente et qui séduit instantanément.
        Un 7.Spinning convaincant mais sans grande surprise amène un des autres moments forts de l'album avec le très riche 8.The Missing Link, morceau d'une douceur extrême avec ses choeurs, son banjo, son piano et ses cordes. Titre qui symbolise parfaitement l'évolution de Kill The Young, tout comme le titre acoustique 10.Who bite you?. Ajoutez-y deux autres titres rock addictifs, 9.You, Me and God et le très bon 12.I am a Martyr où vous ne pourrez pas vous empêcher de percevoir des similitudes dans la mélodie avec Where is my mind? des Pixies et vous obtenez un album qui tient parfaitement sur la longueur.
        C'est avec un plaisir non feint que j'ai savouré cet album, comme si ma relation avec Kill The Young avait une saveur particulière à travers ce blog. A écouter sans modération.
 
 
Morceaux préférés:       1.I don't want to fight you anymore
                                     4.Darwin smiles
                                     8. The Missing Link
                                     12. I am  a Martyr




Note 7 . 5 / 10

Sylphe

mercredi 15 juin 2011

Clip n°40: Yes I Know de Memory Tapes

     Le temps me manque aujourd'hui, mais le clip étant déjà choisi il aurait été dommage de ne pas vous le faire partager. Alors, pour faire court : du noir, du blanc, des plans séquences lents, une belle réalisation avec des effets visuels très réussis. Un ensemble à la fois poétique et dérangeant. De nombreuses interprétations possibles... Une vidéo où image et son sont en parfait équilibre. Bravo à Eric Epstein !



Emma

mercredi 8 juin 2011

Clip n°39: The Greeks d'Is Tropical

     Le collectif français (cocorico!!!) de Megaforce nous offre un clip totalement incroyable sur le titre The Greeks du groupe anglais Is Tropical. 
     Un vrai délire dans lequel des enfants s'entretuent avec leurs fusils, pistolets et armes en tout genre dans leur quartier. Le tout "pour de faux" bien sûr, car les armes sont en plastique. Mais, des incrustations de sang et d'explosions type cartoons viennent pimenter l'ensemble et rendent la vidéo beaucoup plus sanglante et atroce.
     Je vous arrête tout de suite, inutile d'entrer dans le débat et la controverse : cette vidéo violente engendrera forcément la violence... Non ! Ne voyons ici qu'un rêve de gosses devenu réel (comme l'expliquent les créateurs eux-mêmes), un magnifique mélange entre fiction et  réalité devenu possible grâce à des effets spéciaux parfaitement maîtrisés.
     Ames sensibles, il serait vraiment dommage de s'abstenir ;-) !!!



Emma

jeudi 2 juin 2011

The Tallest Man on Earth - Maroquinerie


            Non, The Tallest Man on Earth n'est pas un tribute band consacré aux premières  œuvres d'Éric et Ramzy. Si tu as ri, tu t'es trahi : tu as au moins trente ans. Et tu parles anglais, aussi. The Tallest Man on Earth, c'est un Suédois pas spécialement grand par la taille, mais qui fait taire les gens désagréables de par son talent, qui est conséquent. Et moi, les gens qui font taire les nuisibles, je voudrais leur faire des câlins tous les jours. Surtout quand parfois, comme celui-là, ils portent bien la moustache.
             Mais avant de parler de la pièce de résistance (en français dans le texte), je crois bien qu'il va falloir que je touche un mot de la première partie. Elle était assurée ce soir-là par une autre bande de Scandinaves qui se fait appeler Francis. Oui, je sais, c'est bizarre, mais comme ils viennent du grand nord, je suppose qu'ils ne connaissent pas bien Francis Lalanne. "Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font", comme disait l'autre. J'aimerais avoir plus de choses à en dire que ce que je m'apprête à faire, parce que ça m'ennuie toujours un peu de ne rien penser du dur labeur de quelqu'un, mais malheureusement, je suis restée totalement impassible et insensible à leur musique. C'était une pop-rock assez classique, que je n'hésiterai pas à ranger dans la case RTL2. Une petite chanteuse enthousiaste à la voix puissante, qui rappelle parfois un peu P.J. Harvey (d'après mes sources), guitare, basse, batterie : à hausser les épaules comme ça, je risque surtout de me faire un tendinite. Pourtant, le reste du public a eu l'air complètement sous le charme, ce qui représente tout de même une bonne tripotée de gens puisque la salle était pleine à craquer ; mais bon, n'excluons pas non plus la possibilité qu'ils étaient pressés de passer aux choses sérieuses et qu'en conséquence de quoi, ils auraient tout aussi bien applaudi une huître qui jouait de l'hélicon.
             Dieu merci, ça n'a pas duré bien longtemps (enfin, surtout parce que j'ai raté le début), et l'interlude qui a suivi nous a permis de profiter d'une course effrénée à la binouze fraîche pour nous rapprocher un peu. Oui, parce qu'en plus il faisait 45° ce soir-là : c'est aussi ça, le bonheur des petites salles mal aérées les jours de forte chaleur. Le côté pratique de ce genre d'artistes, c'est que l'équipement sur scène est assez limité à mettre en place : quatre ou cinq guitares, et roule poupoule. Et puis pouf, les lumières s'éteignent (ou s'allument, selon le côté de la scène où tu te trouves), et un tout petit monsieur ébouriffé débarque sur scène dans un débardeur à rayures. Et puis il commence à jouer, et c'est beau. LA FIN. C'est horriblement difficile de parler de ce qu'on aime, mille fois plus difficile que de décrire ce qu'on ne connaît pas ou ce qui nous indiffère. C'est bien pour ça que je me trouve tout à fait dépourvue quand arrive le moment de tenter d'expliquer pourquoi, exactement, sa musique est aussi parfaite, touchante, et juste. Après tout, c'est rien d'autre qu'un Suédois malingre avec une guitare, une drôle de voix et un penchant marqué pour les pilosités fantaisistes. Et pourtant, l'alchimie est telle que quand je l'écoute, je ne pense plus à rien d'autre et j'ai l'air bête. Oui, plus que d'habitude. Il traite sa guitare avec passion et dextérité, à tel point que j'ai du mal à ne pas tenter de suivre ses mains du regard juste pour être sûre qu'il ne triche pas, et il met dans son chant tellement d'intensité que chacune des personnes présentes dans la salle est en droit de penser qu'il s'adresse directement à elle. L'impression qui en ressort, c'est qu'il joue et qu'il chante parce qu'il n'a pas d'autre choix, parce qu'il faut bien que ça sorte, et parce qu'il est physiquement incapable de tout garder pour lui. Et c'est justement cette sincérité flagrante et quasi irréelle qui manque à énormément d'autres groupes et qui fait toute la différence entre un musicien lambda et un artiste inclassable dont on aura du mal à se lasser. Bien entendu, chacun est autorisé à remplacer "on" par "je" là où ça l'arrange.

V'là comment il t'ouvre le bal, le mec. Respect, gros. 
            Tout ça pour dire quoi ? Tout ça pour dire qu'il a pioché un peu partout dans son répertoire, que ça aurait pu durer une heure de plus et que je n'aurais rien trouvé à y redire, et qu'en plus il est sympathique et il a de l'humour. Malgré une corde cassée dès la deuxième chanson, il a rebondi avec une pirouette, avant d'être rejoint sur scène un peu plus tard par le bassiste et le batteur des susdits Francis pour une version un peu plus relevée de "The Dreamer", probablement l'une des plus belles chansons du monde. Et là, c'est un peu flou. Mon regard brouillé par les larmes a un peu plus de mal à discerner la scène. Et même si je suis un poil déçue, parce que je préfère mon Suédois de petite taille dans le dépouillement le plus total, je me dis qu'après tout, c'est peut-être pas plus mal comme ça, vu que sinon on n'aurait entendu que mes sanglots ravalés (et je ne vois pas qui irait payer pour ça). Et puis, déjà, c'est l'heure du rappel, et après deux petites chansons en rab pour les affamés que nous sommes, dont un "Kids on the Run" au banjo inattendu, mais pas désagréable, il repart comme il est venu. Et je rentre me coucher, en me disant que quand même, j'ai parfois bien de la chance de pouvoir assister à ce genre de spectacles.

On aurait presque envie de croire que le monde n'est qu'amour.
 Et ça, là, au-dessus, c'est exactement pour ça qu'il faut écouter ce Tallest Man on Earth.
             La semaine prochaine, je vous parlerai d'Annie Cordy et on rira mieux. Même si c'est pas commode.
Suzy C.