lundi 25 avril 2011

The Deep Field de Joan as Police Woman (2011)

    De retour de Berlin où je me suis noyé dans la bière et les currywurst une semaine de cure diététique s'impose, cependant pour tenir le coup il paraît évident que se nourrir de bons sons compensera la perte de repères totale face à une assiette où ne suinte pas le moindre filet de graisse et où la vapeur est sur le point de faire réagir les glandes lacrymales. Pour faire simple on va s'en mettre plein la panse musicalement cette semaine. Premier plat pour cette semaine officielle de la grande bouffe musicale avec Joan Wasser alias Joan as Police Woman. Pour la rubrique people petite amie du regretté Jeff Buckley, pour les amateurs de musique collaboratrice de grands noms comme Antony and the Johnsons ou Rufus Wrainwright (dont elle assurera les premières parties au début de Joan as Police Woman), pour les incultes tels que moi une artiste qui a déjà sorti trois albums dont le plus célèbre Real Life en 2006, pour les amateurs de plastique en tout genre une femme de 40 ans qui fait honneur à la couverture de son album sans rougir.
        Pour le style musical de l'américaine, on parlera de soul qui se serait accouplée avec de la pop/folk. Ce genre d'album sensuel qui s'appuie sur une voix chaude et un univers instrumental assez large, allant des cuivres et du violon( l'arme favorite de Joan Wasser à ses débuts) aux riffs acérés de guitares. Ce genre d'album envoûtant qui me désarme lorsqu'il faut en parler. Allez une petite gorgée de bière-pardon d'eau minérale- pour  m'aider à trouver les mots.
      1.Nervous, ses drums et le bruit du reflux des vagues en introduction, laisse rapidement éclater la voix toute en rondeur de Joan (oui je pars du principe qu'après de multiples écoutes je suis proche d'elle et l'appelerai donc de son prénom qui me rappelle celui d'une vieille amie ou amie vieille au choix-elle se reconnaîtra). Un univers apaisant où la douceur du refrain l'emporte sur la batterie et les riffs de guitare. 2. The Magic, single de l'album, savant dosage de pop minimaliste et de soul, s'impose comme un des meilleurs titres avec son sens aigu de la mélodie qui hante longtemps après l'écoute votre cerveau en plein désespoir face à la verrine de petits pois. Heureusement pour affronter la purée de céleris, 3. The Action Man (pas l'infâme concurrent de Big Jim) vous enveloppe de son superbe univers soul-jazz doucement mélancolique. 4.Flash et ses presque 8 minutes, morceau très sombre avec un refrain en fond assez obsédant (Fever Ray se mettrait-elle aux choeurs?), fait légèrement frissonner. Un morceau hautement plus savoureux que mon troisième verre de Vittel du repas. 5. Run for love avec Joseph Arthur et 6.Human Condition mettent l'accent sur la sensualité de Joan et je me surprends déjà à voir le caractère franchement érotique de ces salsifis s'égayant avec les champignons de mon dernier plat du jour. Malheureusement (ou peut-être heureusement finalement), 7.Kiss the specifics qui réveille les souvenirs de Norah Jones et 8.Chemmie vont redescendre la poussée hormonale. Deux morceaux assez convenus. Un léger soubresaut permet d'affronter avec courage la verrine de fromage blanc à 0% qui agrémente votre repas de rentrée, 9.Forever and a year est une très belle ballade folk d'une douceur envoûtante et 10. I was everyone réveille en moi les plus beaux souvenirs d'Aimee Mann.
     Malgré une légère baisse de régime (ah ce mot me poursuivrait-il?) sur la fin, ce Deep Field s'impose comme un bien bel album soul/folk qui comblera toutes les fringales musicales.
 
Morceaux préférés: 2.The Magic
                              3.The Action Man
                              1. Nervous
                              4.Flash

 






Note 7 / 10

Sylphe

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