samedi 23 octobre 2010

Roots and grooves (2007) de Maceo Parker


Samedi soir sur la terre, que peut-on écouter, à part l’album éponyme de Francis Cabrel ? En ce samedi grisouille et pluvieux, mieux vaut se tourner vers du son chaud et qui bouge. Direction donc le dernier enregistrement en date de Maceo Parker.
Maceo est connu comme « l’ancien saxophoniste de James Brown ». Belle carte de visite qui ne résume pas, loin de là, la carrière du bonhomme. Egalement musicien de George Clinton, Bootsy Collins ou plus récemment Prince, Maceo mène depuis maintenant quelques dizaines d’années une carrière solo des plus excitantes.
En témoigne l’enregistrement du jour. Roots and Grooves est un bien bel objet. Non pas parce qu’il compte deux galettes, mais parce qu’il s’agit là de la captation live la plus complète de Maceo.
J’ai commencé par le CD 1 (quelle originalité !) pour découvrir en huit pistes un hommage appuyé à Ray Charles. Maceo se fait accompagner du big band allemand WDR Big Band. Les grands standards tels que Hit the road Jack, Georgia on my mind ou What I’d say passent à la relecture du saxo de Maceo. De son saxo et de sa voix, puisque le bougre donne de l’organe vocal sur la quasi-totalité de ces huit perles. Maceo, connu pour sa carrière groovy et funkesque nous laisse dans un moment d’étonnement. Au bout de quelques minutes, la réaction est quelque peu différente : « Ah ok, il sait AUSSI faire du jazz ». Maceo Parker dévoile une partie méconnue de ses influences : the Genius, Mister Ray Charles.
Deuxième CD, deuxième raclée. Après avoir passé 50 minutes sur un tempo gentillet, on change de registre. Autant être clair : si tu aimes groover, te déhancher, bouger ton corps et funker (non non, il n’y a pas de faute de frappe…), ce CD clairement orienté groovy et funky est pour toi. En six morceaux étalés sur 50 autres minutes de bon son, Maceo va mettre ton sens du rythme et ton cardio à rude épreuve. Des chorus de trombone, saxo et trompette jusqu’à l’essoufflement, une section rythmique basse-batterie à faire pleurer toutes les boîtes à rythme de la terre, tel est le programme. Peu importe le titre choisi, l’ivresse est là. Pas une note qui dépasse et de la patate à revendre.
Plus j’écoute Maceo, plus la synthèse musicale qu’il a réalisée me saute aux yeux : il a réussi au fil des ans à truffer son funk d’un esprit jazz qu’on retrouve dans les prises de chorus, la place laissée à chacun de ses musiciens et l’équilibre de sa formation.
Maceo est groove, Maceo est funk, Maceo est jazz. Ecoutez Roots and Grooves pour vous en persuader. Un seul regret : quiconque a vu l’homme sur scène sait qu’il ne ménage ni son énergie ni son temps, avec des prestations d’une durée minimum de 2 heures 30 (disons plutôt 3 heures). Ici, avec 50 minutes fois deux, le compte n’y est pas. On peut donc raisonnablement rêver à la sortie, un jour, d’un enregistrement intégral.
En attendant, Roots and Grooves à fond dans le salon, en espérant qu’à 67 ans, on groovera encore comme lui (à défaut d’avoir obtenu la retraite).



Raf against the Machine

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